7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 00:00

Le Président-candidat, le 28 février dernier, a dévoilé les grandes lignes d’une "révolution de l’école".  Que propose-t-il ?

 

Essentiellement  une réforme du cahier des charges des Enseignants. Ces fonctionnaires sont mal payés, mais c’est qu’ils ne travaillent pas assez ! En acceptant de travailler (dans le cadre du collège) au lieu des 18 heures actuelles,  6 à 8 heures de plus, alors le candidat leur promet une augmentation de salaire substantielle. Tout beau. Mais la réalité est bien différente.

 

Une chose est le temps des heures de cours face aux élèves. Certes, 18 + 6 = 24 heures. Mais ce qu’ignore sans doute le candidat, c’est qu’à ce temps d’activité en présence des élèves, le professeur doit préparer ses cours, doit corriger les copies de ses élèves, doit assurer les réunions obligatoires pour chacune des classes où il enseigne, doit remplir les bulletins trimestriels envoyés aux familles, doit se rendre disponible chaque fois qu’une famille souhaite le rencontrer. Et ces prestations obligatoires représentent environ 50% de son temps de travail. C’est sur une telle base que depuis des lustres, les 18 heures de cours effectifs sont censées représentées une charge globale de 36 heures de travail.

 

En passant de 18 heures de cours à 24 heures de cours, ce sera exigé de l’enseignant l’équivalent de 48 heures de travail hebdomadaire. Alors que la semaine de travail est actuellement fixée à 35 heures.

Les augmenter ? Mais point ! Car ce serait en toute justice que leur payer en heures supplémentaires les heures effectuées au-dessus du plafond actuellement fixé !  

Quant à les faire inspecter par le Chef d’établissement, c’est une plaisanterie grotesque. Quel chef d’établissement serait miraculeusement omni compétant en Math, en Sciences, en Grammaire et Orthographe, en littérature et en langues (anglaise, allemande et autres), en sport et en musique, en philosophie et en pédagogie ? Les inspecteurs, eux étaient au moins des spécialistes dans chaque matière...

 

On ne réforme pas un domaine dont on ignore le fonctionnement, les enjeux et l’importance. Celui qui n’a jamais enseigné n’est pas le meilleur expert d’un art dont il ignore les subtilités, les difficultés et les fatigues parfois bien grandes !

Jean Bisson -  07 03 2012

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