25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 23:00

Les Roms constituent une ethnie européenne qui possède sa langue, qui a son histoire, mais qui, de tradition nomade,  n'a jamais revendiqué une terre, même si ses origines sont les aires qui s'étendent de la Roumanie à l'Albanie en enjambant la Macédoine et la Bulgarie. Le drame est qu'aucun de ces quatre pays n'a jamais reconnus ces errants (1). L'Europe leur permet de s'éparpiller, puisqu'ils sont européens, mais sans avoir réussi jusqu'à présent à trouver la solution qui, à la fois tient compte de leurs spécificités et de leurs doits!

La France avait pris des engagements vis-à-vis de l’Union européenne, à la suite du discours de Grenoble de l’ancien Président de la République (30 juillet 2010). Il était prévu de protéger les minorités européennes et en particulier celle des Roms, de ne plus expulser sans proposer une solution de rechange, surtout lorsqu’il y a des enfants à scolariser.

Des communes, plusieurs départements ou régions, accompagnés par le monde associatif, ont réalisé des villages d’insertion avec l’aide de financements européens. Cinq critères sont ciblés:  scolariser des enfants, développer la langue française des parents,  établir un bilan professionnel des adultes, proposer une formation professionnelle et accompagner l'entrée dans le monde du travail.

Il semble que l'expulsion d'un "camp sauvage" ne devrait jamais se faire si ce n'est dans le cadre d'une intégration des personnes dans des villages d’insertion, ou d'une  retour volontaire accompagné du pécule prévu à cet effet.

Mais l'Europe fait-elle correctement ce qui lui revient? Non seulement elle est peu sévère vis-à-vis de la Roumanie et de la Bulgarie, principaux pays qui alimentent le flux des Roms, mais l'Europe n’utilise pas la totalité des fonds européens budgétisés pour l’intégration de ces populations dans l'espace européen.

La France ne devrait-elle pas proposer des projets à l'Europe pour pouvoir bénéficier des budgets européens prévus pour ces actions d'accueil?

Christophe Deltombe, Président d’Emmaüs France, dans un rapport de la Commission européenne du 11 novembre 2011 signale que les populations Roms ont joué, sur la période 2004- 2007, un rôle positif dans les économies des pays d’accueil n’appliquant pas les mesures transitoires qui leur interdit de travailler.

Etienne Pinte, président du Conseil national des politiques de lutte contre l’exclusion et la pauvreté, sera l'un des invités des Etats généraux du christianisme organisés par La Vie en octobre prochain à Strasbourg.

Les choses peuvent donc avancer. Mais ne faudrait-il pas qu'évoluent aussi nos mentalités et nos idées sur les Roms, des Européens, certes différents, mais respectables !

Jean Bisson - 24 08 2012

1- N'oublions jamais que les premiers peuples humains ont tous été nomades, éleveurs et chasseurs, avant que devenir agriculteurs et de se sédentariser! Il ne reste que très peu de peuples nomades aujourd'hui. Et il me semble fondamental de  protéger ceux qui conservent cette tradition.

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