26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 00:01

La révolution que vit la Tunisie est un phénomène majeur. Il a déjoué le puissant appareil dictatorial qui verrouillait le pays depuis plus de 20 ans; il a surpris toutes les ambassades et tous les gouvernements du monde libre. Bref, la détermination d'un "peuple aux mains nues" s'est imposée à toutes les structures officielles. Il faut souligner le rôle important de l'armée tunisienne qui, s'oposant à la police, s'est rangée aux côtés des manifestants. Un gouvernement de transition, discutable dans sa composition, gère cette période difficile; est-ce mieux que le vide du pouvoir ? On peut se le demander. Nombre d'exilés politiques rentrent au pays; ce sang neuf sera précieux. Depuis longtemps interdite, la presse internationale a repris sa place dans les kiosques; la liberté d'expresssion est enfin revenue. Dans le pays, et en Europe, les biens du clan "Ben Ali-Trabelsi et Cie" sont l'objet d'une attention particulière; il faut souhaiter que tout ce qui a été détourné et, il faut bien le dire, volé au patrimoine national tunisien, retourneront rapidement dans les caisses publiques.

Pour autant, des ombres peuvent planer sur l'avenir du pays. Gérer les libertés publiques, en politique, dans l'économie, dans les domaines privés et religieux, ce ne sera pas facile. Les extrémistes s'en profiteront-ils pas pour établir leurs propres dictats ? C'est un risque grave avec tout fondamentalisme religieux: barbus et Al Qaïda ne sont jamais en retard pour s'engouffrer dans les brèches. Que le peuple de ce pays sache être vigilant et qu'il puisse développer harmonieuement les libertés de tous. Et le meilleur terrain reste la démocratie laïque.

Jean Bisson – 26 01 2011

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