15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 23:01

Ce débat, ouvert depuis l'antiquité, reste tristement d'une perpétuelle actualité. Dans le dernier "Marianne", Élie Barnavi publie une page sur ce sujet, compte-rendu d'un séminaire organisé par la revue de Bernard-Henri Lévy "La règle du jeu". J'en résume l'essentiel.

Etait traditionnellement considérée juste une guerre engagée pour défendre une valeur fondamentale. Mais cela pose la référence de cette valeur : les guerres "religieuses" seraient-elles justifiées parce qu'elles se référencent religieuses ? Impossible aujourd'hui de justifier une telle guerre ! Précisément, comment la valeur de référence peut-elle être universelle ?

Deux facteurs contemporains peuvent sans doute servir de référence :sous l'angle éthique, ce devrait être la Déclaration universelle des Droits de l'Homme ; sous l'angle politique, ce ne peut être que l'ONU.

Bien sûr, cette perspective se heurte aux mouvements pacifistes qui œuvrent pour une interdiction de toute guerre. S'ils ont raison de travailler dans ce but, force est de constater que cet idéal est mis à mal par les nombreux conflits actuels. Des conflits qui ont changé de forme : ce n'est plus un état contre un autre, c'est de plus en plus souvent, comme cela s'est passé entre la France et l'Algérie au siècle dernier, un état contre une population, un droit d'état contre la contestation de la légitimité d'une situation. Et c'est bien ce qui se joue aujourd'hui en Libye …

Elie Barnavi rappelle le livre « Guerres justes et injustes » de Michel Walzer publié en 1999 chez Belin qui distingue trois niveaux : le droit de faire la guerre (jus ad bellum), le droit en temps de guerre (jus in bello) et le droit de l'après-conflit, armistice et traités (jus post bellum).

Mais dans les conflits actuels qui sont « asymétriques », puisqu'il n'y a plus face à face deux éléments semblables, cette règle ne peut plus être appliquée puisque les forces en présence ne se réfèrent plus aux mêmes valeurs.

Les conflits modernes sont donc plus difficiles à régler. Et c'est bien le cas en Afghanistan...

Il est donc de plus en plus difficile à une structure supra-nationale d'arbitrer les conflits asymétriques contemporains que peut illustrer la Côte d'Ivoire. Car chacun dans ce cas pense avoir le droit avec lui... Car son jugement se réfère à des hiérarchies de valeurs différentes .

Mais les difficultés quoique toujours nouvelles, ne doivent jamais décourager les artisans de la paix !

 

Jean Bisson – 16 06 2011

Partager cet article

Repost 0

commentaires