5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 00:01

L'enquête annuelle de l'INSEE sur l'état social de la France, met le doigt dans sa dernière parution, en partie citée par Le Monde, sur les "plus de 65 ans" et le quotidien de titrer avec cette trilogie : "Vieux, privilégiés et égoïstes"! Je fais partie de ces vieux qui représentent aujourd'hui 16,8% de la population française. Oui, et qu'y puis-je ?

Certes j'ai bénéficié des progrès de la science et de la médecine, ce qui m'a permis de dépasser l'âge de mes 2 frères et de ma sœur. Mais j'ai cotisé depuis l'âge de 18 ans et jusqu'à ce jour, pour cette "Sécurité sociale" et, en activité pour la pour la "caisse retraite", ce qui reste l'une des conquêtes dont notre pays peut être fier.

Suis-je privilégié? A ma retraite et, avec certaines bonifications de carrière , je dépassais de presque 2 annuités le plafond maximal fixé à 40 annuités, base sur laquelle fut alors calculée ma retraite. J'aurais donc pu travailler 2 ans de moins pour bénéficier du même montant de pension. C'était la régle; je n'ai pas crié à l'injustice. Quel privilège y a-t-il à toucher la retraite pour laquelle, employeur et salarié ont régulièrement versé les prélèvements ad hoc voire même davantage ?

Que la charge soit lourde pour les générations actuelles, c'est possible. Mais ceux qui ont en responsabilité la gestion des fonds versés et la répartition ensuite de ces masses monétaires, comment ont-ils géré ces caisses ? Il existe des possibilités de prospective pour anticiper les évolutions et réajuster en conséquence les rentrées en fonction des sorties prévisibles. Si l'on regarde comment sont calculées les retraites des Parlementaires, il y aurait de quoi s'étrangler devant les privilèges dont ceux-ci bénéficient ! Et personne n'a jamais osé suggérer qu'il y avait là de concrets privilèges ! 

La plupart des vieux font partie de la tranche des "classes moyennes" qui, proportionnellement à leurs revenus, payent actuellement le plus d'impôts. Dans certains pays, comme en Grèce, les retraites ont été officiellement réduites. Va-t-on en France vers une solution identique ? Rien ne prouve que cette éventualité ne devienne tôt ou tard une cruelle réalité... Parce que les gestionnaires sont incapables de gérer correctement les caisses...

Pour faire des économies, suggère Marianne, dans son N° du 2 décembre, page 37, il y aurait, une solution radicale et imparable : "faire piquer les vieux privilégiés", puisque ces égoïstes ne servent plus à rien - ce qui mériterait d'être considéré de plus près (1) -,  qu'ils coûtent trop cher, et qu'ils ne veulent pas comprendre qu'ils embarrassent le plancher !

Jean Bisson – 05 12 2011

1- Pour ma part, je fréquente bien des vieux qui militent, financièrement et en donnant sans compter de leur temps, de leurs compétences, et avec le sourire, à bien des associations les plus diverses, et qui contribuent ainsi à maintenir du tissu social, cet environnement humain qui est systématiquement détruit par les responsables des services publics préoccupés de rentabilité et d'économie, plutôt que de réconfort et de suivi social... De ces aspects-là, il faudra aussi se souvenir pour choisir ceux qui auront bientôt en charge l'avenir politique de la France !

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