Sr Pierre et St Paul sont deux aspects complémentaires de la mission dévolue à l'Eglise !
Vous aurez compris que je me sens beaucoup plus proche de Paul que de Pierre
En réalité, l’Eglise a besoin de ces deux facettes : elles sont une complémentarité indispensable dans l’Eglise, à la fois gardienne du dépôt primitif laissé aux disciples et, en même temps, et appelée à témoigner de la Bonne Nouvelle dans son temps, et à l’univers, en s’adaptant aux  exigences variées et évolutive de la mission.

Dans l’Eglise il y a toujours eu cette double tendance, c’est tout simplement fondamental, complémentaire et incontournable. L’Eglise sera toujours à la fois fidèle au passé et engagée vers l’avenir tout en étant pleinement dans le présent. Un grand écart difficile. pour peu que, comme moi, l’on se sente des préférences ! Qui n'en n'a pas ? Condamner l’autre tendance serait méconnaître l’essence même du christianisme !
Jean Bisson 07 07 2008

Au tour de St Paul et en l’honneur de l’année paulinienne… (Suite de la brève d’hier sur St Pierre) Saül de Tarse, connu sous le nom de Paul, n’avait jamais vécu avec Jésus. C’est un jeune homme issu d’une famille riche, fort instruit, parlant couramment grec, latin et araméen… Il se destinait au Rabbinat et était donc également docte en questions bibliques. Envoyé en mission à Damas, il devait y enquêter sur cette nouvelle « secte »  de disciples de Jésus le Nazaréen qui se développait là-bas. Et sa rencontre avec Jésus se résume à une « voix », juste avant d’atteindre Damas, une voix qui l’apostrophe : « Pourquoi me persécutes-tu ? », et son cheval, aussi surpris que son cavalier, faisant un écart, Saül tombe lourdement au sol. Soigné par la communauté chrétienne ; il se convertira et prendra le nom de Paul.

PAUL, en opposition à Pierre, est cultivé, pétri de culture grecque et bien enraciné dans le judaîsme. C’est un « converti » à Jésus qui n’a pas été disciple direct. Il vient de vivre une rupture. Il appartient à un monde intellectuel qui est ouvert sur le monde non-juif, ceux que les juifs nomment « les gentils »…

PAUL entend s’adresser non seulement aux juifs, mais aussi à tous les « gentils »… à tous les hommes Il incarne la nouveauté du message évangélique, et son ouverture universelle. Il rêve d’une Eglise vivant de l’Esprit-Saint, affranchie des lois judaïques (c’est lui qui tranchera pour la « non circoncision » des chrétiens…). Il supporte mal la centralisation, aimerait innover sans trop se soucier des « habitudes » des premiers disciples… Plutôt que fixé à une communauté ou en un lieu, il est plutôt « nomade », itinérant, allant de communauté en communauté, pèlerin perpétuel… Il aime découvrir le monde, rejoindre la vie locale, et s’affranchirait volontiers de toute hiérarchie… D’où sa tendance à promouvoir une Eglise très étroitement liée au monde, partageant ses doutes, ses hésitations, une église très humaine.  (à suivre demain)
Jean Bisson 06 07 2008

Le 29 juin dernier, ma brève traitait de l’ouverture de l’année St Paul, jour de la fête de St Pierre et St Paul… Je reviens avec une brève consacrée successivement à l’un puis à l’autre, car je pense intéressant de mettre en parallèle ces deux hommes si opposés et pourtant si proches dans la foi. Et j’aimerais, bien sûr, que vous réagissiez à ce qui n’engage que moi !

Pierre (surnom qui lui a été donné par Jésus) était un humble pécheur du lac de Tibériade en Galilée, sans doute ne savait-il ni lire ni écrire. Appelé par Jésus Pierre va quitter sa famille, son travail, et devenir ainsi disciple, puis il sera désigné par Jésus pour prendre la tête du groupe, et  coordonner la suite quand le Maître ne sera plus là.
il incarne la continuité, la mémoire, la tradition. Il aura tendance à privilégier les juifs, le « peuple choisi » dont il est issu.

En conséquence, le chef des Apôtres, aura naturellement à cœur de construire une Eglise institutionnelle (son rôle de 1er pape !), à installer cette institution, à la légaliser (par référence à la loi reçue du Seigneur Jésus, le Christ). Pour asseoir cette nouvelle institution, il lui faut « centraliser » à partir de Rome (il choisit pour s’y installer la capitale politique romaine de la Méditerranée), il lui faut assurer le « lien » par une hiérarchisation… C’est lui, Pierre qui doit rester la « tête » de l’Eglise universelle…
De là, Pierre et ses  « successeurs fidèles à la fonction » s’efforceront de préserver une Eglise garante de la tradition (d’où sa tendance conservatrice), sûre de ses bases donc imposant ses certitudes (hors de l’Eglise, point de salut !). (à suivre demain, pour le portrait de St  Paul) 

Jean Bisson 05 07 2008

Je ne résiste pas à vous faire partager ce texte de St jean Chrysostome qui éclairait l’évangile d’hier.

En ce jour Jésus Christ est entré en conquérant dans les abîmes des enfers. En ce jour «il a brisé les portes d'airain, il a rompu les verrous de fer», comme le dit Isaïe (45,2). Remarquez ces expressions. Il ne dit pas qu'il «a ouvert» les portes d'airain, ni qu'il les a enlevées, mais qu'il les «a brisées», pour faire comprendre qu'il n'y a plus de prison, pour dire que Jésus a anéanti ce séjour des captifs. Une prison où il n'y a plus ni portes ni verrous ne peut plus retenir de prisonniers. Ces portes que le Christ a brisées, qui pourrait les rétablir ? Ces verrous qu'il a rompus, quel homme pourrait les remettre ?

Quand les princes de la terre relâchent des détenus en envoyant des lettres de grâce, ils laissent subsister les portes et les gardes de la prison, pour montrer à ceux qui sortent qu'ils peuvent y rentrer encore, eux ou d'autres. Le Christ n'agit pas de la sorte. En brisant les portes d'airain, il témoigne qu'il n'y a plus de captivité, plus de mort.

Pourquoi des portes «d'airain» ? Parce que la mort était impitoyable, inflexible, dure comme le diamant. Jamais pendant tous les siècles avant Jésus Christ, jamais aucun de ses captifs n'avait pu lui échapper, jusqu'au jour où le Souverain du ciel est descendu dans l'abîme pour lui arracher ses victimes.

De Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Église dans «Homélie sur le mot cimetière et sur la croix»

Jean Bisson  03 07 2008
L’année Saint-Paul s’ouvre officiellement aujourd’hui ; 29 juin, fête de Sts Pierre et Paul. En cette occasion, le pape remettra le « pallium » à 43 évêques récemment nommés. Cette sorte d’étole de laine blanche ornée de croix de soie noire évoque la brebis que le Bon pasteur porte sur ses épaules. C'est un symbole  de  communion entre le Successeur de Pierre et les évêques. Pierre, pécheur de Tibériade, peu instruit, était un disciple de la première heure.  Paul, de naissance bourgeoise, lettré, avait été instruit dans le judaïsme pour être rabbin. Il n’a jamais rencontré Jésus, sinon par la voix qui l’a interpellé sur la route le conduisant à Damas. Il s’y rendait pour enquêter sur ces juifs dissidents qui adoraient Jésus ! Deux figures que le calendrier catholique associe, malgré leurs différences, parce qu'ils  auront en commun, après la conversion de Paul au christianisme,  une même passion pour le Ressuscité de Pâques. 
Jean Bisson - 29 06 2008
Le pape a nommé Mgr Emmanuel Delmas nouvel évêque d'Angers 5Maine-et-Loire. Né en 1954 à Figeac (Lot), le nouvel évêque  a fait des études de médecine à Limoges (1972-1979), puis son service national au titre de la coopération au Maroc (1981-1982), Entré au séminaire de Toulouse en 1982. Il a terminé sa formation à l'Institut catholique de Toulouse. Docteur en médecine, il est aussi titulaire d'une maîtrise en théologie. Ordonné prêtre en 1988 à Cahors,  il a été recteur de Rocamadour, responsable diocésain de la pastorale familiale puis de la pastorale des vocations, enfin responsable de la formation permanente des jeunes prêtres de la province de  Toulouse. A 54 ans, voilà un jeune évêque qui peut avoir un bel avenir.
Jean Bisson 22 06 2008

En application de «Summorum Pontificum», lettre apostolique de Benoît XVI, le cardinal Ruini, Vicaire pastoral du pape pour le diocèse de Rome, a confié l'église Santissima Trinità dei Pellegrini à la fraternité sacerdotale Saint-Pierre, estimant que les structures de l'église San Gregorio dei Muratori étaient trop petites pour accueillir les nombreux fidèles lors des célébrations liturgiques.»  C’est le dimanche de Pâques que le pape a décrété l'érection de cette paroisse «afin de satisfaire aux besoins (pastoraux) de la communauté entière des fidèles traditionnels résidents dans le dit diocèse».
Aujourd’hui, ce sont 200 prêtres «conservateurs» qui servent les fidèles attachés à la messe et aux sacrements du rite romain traditionnel. Mais ils refusent de distribuer la communion autrement que sur la langue… Pas un mot sur la communauté des chrétiens qui ont, par obéissance, accepté et suivi les réformes du Concile Vatican II et qui devront se plier aux règles anciennes ou aller ailleurs. Je crois à la liberté. Décréter une paroisse « rite St Pie V » et une autre « rite Paul VI », est-ce un progrès vers l’unité ?
En ce dimanche, l’Eglise de mon diocèse commémore le 400ième anniversaire du «miracle de Faverney» (bourg de Haute-Saône) par un super rassemblement diocésain, avec la présence de très nombreux évêques et du cardinal Vingt-Trois.  Je reviendrai sur cet événement.

Jean Bisson 25 05 2008

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