En Europe, selon le métropolite Emmanuel de France, nombreux sont ceux qui, du fait de l'histoire, ont une peur irréfléchie de
l'Islam. Cette crainte de l’Islam est entretenue par une image stéréotypée et partiale de l'Islam dans les médias et par un manque de connaissance fondamental de l'Islam . Nous n'avons pas besoin
d'européaniser l'Islam mais nous avons à plutôt à revoir notre perception des valeurs et des traditions diverses existantes.
Dans ce contexte, le métropolite a appelé les institutions européennes, Eglises et Médias d’Europe à relever le défi de la
crainte de l'Islam ! Rencontres et dialogues sont les seules voies du respect mutuel et de la paix.
Le prochain débat devrait avoir lieu en septembre prochain sur la réciprocité en matière de liberté religieuse pour les
musulmans en Europe et pour les chrétiens dans les Pays musulmans. Un échange qui plonge dans la difficile réalité de la vie des minorités religieuses dans les pays de constitution
théocratique;
Jean Bisson 11 07 2008
(suite) Le Cheikh Abdullah Nu'man, représentant de la communauté musulmane serbe, a insisté
sur le danger « des mauvaises interprétations » de l'islam s'éloignant du Coran, par superposition de traditions culturelles génératrices d'erreurs. ». La crainte d'une invasion musulmane et de
l'imposition de la charia (la loi islamique) est infondée. Il dénonce par ailleurs l'islamophobie comme étant une excuse raciste permettant à certains de discriminer les musulmans ou de les haïr.
Les musulmans aiment l'humanité car elle émane de Dieu et ils aiment Dieu car il nous a tous crées.
Quant au métropolite représentant du Patriarcat oecuménique auprès l'Union européenne, il note que les défis interreligieux
sont inhérents à une société multiculturelle et se manifestent dans toutes les sphères de la société. Et c’est une bien triste constatation ! (à suivre)
Jean Bisson 10 07 2008
A Bruxelles, au Parlement européen, vient de se tenir le 3 juillet un échange sur des points tels que «
Comment l'Europe chrétienne accueille-t-elle l'Islam? Comment répondre à la crainte d'une « islamisation de l'Europe» ? L’européanisation de l'Islam est-il envisageable?»
Ces échanges entrent dans le cadre des initiatives de l'Année européenne du dialogue interculturel 2008, ils sont organisés par la Commission des conférences épiscopales de la Communauté
européenne (COMECE), par la Commission Eglise et Société (CSC) de la conférence des Eglises européennes et par la Fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS), en association avec des partenaires
musulmans.
Si l'Islam a contribué à la culture et à la science en Europe, son influence est demeurée mineure sur l'organisation politique et juridique de la société européenne, ce qui n’est pas le cas du
christianisme.
Mais ne faut-il pas abandonner l'idée que les identités culturelles sont fixées une fois pour toutes. Les musulmans ne constituent pas plus une catégorie monolithique que les cultures européennes
ne sont unifiées ! Des valeurs sont communes : caractère sacré de la vie, recherche du bien-être de chaque homme, place de religieux dans la vie publique, d'autres ne le
sont pas. C'est le prix de la différence et de la liberté. (à suivre)
Jean Bisson 09 07 2008
Un prélat thaïlandais vient d'être nommé au Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux. Monseigneur Andrew Thanya-anan
Vissanu, né à Bangkok (Thaïlande) en 1959, ordonné prêtre en 1986, diplômé en droit canonique, devient sous-secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue inter religieux . Il parle anglais,
italien et japonais. Entré au service de la diplomatie du Saint-Siège en 1991, il a suivi des dossiers dans les représentations pontificales au Soudan, au Maroc, en Grèce, en Inde, au Japon, en
Irlande et en Indonésie. Il faut espérer qu’il contribuera à l’ouverture et au dialogue entre tous les croyants.
Jean Bisson 28 06 2008
(Voici la suite de l'article d'hier, publié par l'agence Zénit)
Entretenir le
dialogue inter-religieux semble donc précieux et essentiel ?
«Dieu regarde avec estime les musulmans»
comme il est écrit dans la note. Pour entrer en dialogue avec eux, il nous faut aussi porter sur eux un regard d'estime et pas uniquement nous pencher sur des questions doctrinales. L'un des buts
des relations interreligieuses est de favoriser le vivre ensemble et la paix. Le dialogue conduit à se réapproprier ce qui fait l'essentiel de la foi. Croire qu'il consiste à ne s'intéresser
qu'aux points communs et pas aux différences est une erreur. Dans le véritable dialogue, la différence de l'autre conduit à réaffirmer ce qui est important pour moi, non pas en opposition mais
comme quelque chose de fécondant dans la relation.
A l'automne, le Conseil publiera un document, fruit de deux années de travail, afin d'expliquer pourquoi l'Église continue de s'engager dans le dialogue interreligieux. Ce document rejoint les
propos de Benoît XVI qui, en 2005 à Cologne, soulignait que : «Le dialogue inter-religieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C'est en effet
une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir.»
Jean Bisson 16 06 2008 (suite demain)
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