Dialogue interreligieux

Samedi 31 octobre 2009

Un manque de liberté religieuse vis à vis des chrétiens a été dénoncé à Rome par l'Administrateur apostolique des Comores (faisant fonction d’évêque pour ce territoire), le Père Jan Geerits, lors du synode des églises d’Afrique qui s’est dernièrement tenu à Rome. Il déplore l'injustice qu'il y a à obliger quelqu’un à être musulman et d'exclure du salut a priori tous ceux qui n’embrassent pas l'Islam.

Il faut, dans un esprit français et laïc, travailler à faire progresser cette certitude qu’aucune réconciliation et paix véritable ne peut être assurée sans respect total du droit de chacun à choisir sa religion. Il faut admettre cette liberté religieuse fondamentale.

Les chrétiens sont très minoritaires aux Comores. Et ils se font discrets. Mais ils courent le risque de s’enfermer, de se marginaliser, voire de se décourager.

S’ils sont contraints de ne pas évangéliser par la parole et par la communication, ils « parlent avec leurs mains » en priant, et en servant la population en toute humilité par des œuvres de charité.

(D’après les Compte-rendus du Synode romain des Eglises d’Afrique)

Jean Bisson – 31 10 2009
Par JeB
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Vendredi 16 octobre 2009

A Rome, au synode des évêques d’Afrique, l’archevêque de Tunis, Mgr Maroun Elias Lahham, est intervenu pour souligner la spécificité des rapports inter-religieux dans le contexte africain. Il a souligné d’abord que «l'Instrumentum laboris» (1)  parle de l'Islam dans un seul paragraphe (N° 102), en des termes génériques et qui touchent l'Islam en Afrique subsaharienne.  Il a ensuite affirmé l'exception maghrébine : 80% des 350 millions de musulmans africains vit en Afrique du Nord, zone géographique totalement absente dans l'Instrumentum laboris. Pour l'archevêque, « les rapports islamo-chrétiens en Afrique du Nord sont différents de ceux de l'Europe et de l'Afrique subsaharienne, et même des pays arabes du Moyen Orient».

Il diagnostique six spécificités de l'expérience des Églises de l'Afrique du Nord :

1-       Au Maghreb, il existe une Église de la rencontre qui n’est pas persécutée, même si elle ne jouit pas toujours de la liberté qu'elle souhaiterait.

2-       L’Eglise y est particulièrement minoritaire (à peine 1%) et la majorité de ses fidèles est composée d'étrangers qui ne restent, pour la plupart, que quelques années.

3-       Depuis l'indépendance des pays de l'Afrique du Nord, l’Eglise s'est fortement engagée dans le service humain, social, culturel et éducatif des pays d’accueil.

4-       L'Église y jouit d'une marge assez large de liberté pour l'exercice du culte chrétien pour ses fidèles, en Tunisie par exemple.

5-       L’Église qui vit dans des pays maghrébins côtoie au sein même de l’Islam un mouvement de pensée critique à l'égard d'un Islam rigoriste et fanatique. Il y a même une école "maghrébine" d'étude rationnelle des textes et des traditions musulmanes ».

6-       Une collaboration de l'Église est sollicitée dans cette nouvelle manière de penser et de vivre l'islam. Une réflexion est demandée à des prêtres ou à des évêques qui ont une expérience des pays du Maghreb, et cette sollicitation s'est accrue depuis la nomination d'évêques arabes dans les sièges épiscopaux.

Il propose donc, d'une part, que le synode pour le Moyen Orient prévu pour octobre 2010, «comprenne aussi les diocèses de l'Afrique du Nord, surtout en ce qui concerne les minorités chrétiennes, les rapports et le dialogue avec l'islam», et d'autre part qu’un «colloque sur l'islam en Afrique» tienne compte «de la variété des expériences africaines, de Tunis jusqu'à Johannesburg». (…) La spécificité des relations islamo-chrétiennes dans les Églises de l'Afrique du Nord peut enrichir les expériences de dialogue vécues ailleurs (en Europe ou en Afrique subsaharienne) et désamorcer les réactions de peur et de refus de l'islam qu'on commence à ressentir dans certains pays. «Nous savons tous que la peur est une mauvaise conseillère» a fait observer l'évêque.

Un dialogue dans le respect des convictions de l’autre est désormais engagé. C’est un précieux contexte de respect mutuel qui avance, et c’est surtout un gage de paix !

Jean Bisson – 16 10 2009
(1) Nom du texte des études pré-synodales, base des échanges du synode actuel des Eglises d'Afrique.

Par JeB
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Dimanche 30 août 2009

Fin août dernier, au Meeting de Rimini sur les Droits de l’homme, s’est ouvert un débat sur la possibilité d’un dialogue inter-religieux Islam-Christianisme.

Souad SBAI, d'origine marocaine, ancienne rédactrice en chef du mensuel en langue arabe Al Maghrebiya, présidente de l'association Acmid-Donna (Association des femmes marocaines en Italie), promotrice du centre culturel « Averroès » de Rome, est citoyenne italienne, députée au Parlement italien depuis 1981. Elle est membre, depuis 2005, de la Fédération pour l'Islam modéré et pluraliste au Ministère de l'intérieur en Italie. Elle regrette que ceux qui s’expriment à la télévision soient généralement des fanatiques et non des modérés». Elle soutient que le véritable choc des civilisations n'est pas entre Islam et Chrétienté mais entre Islam modéré et Islam fanatique basé sur des traditions en dérive.

Asfa MAHMOUD est président de la Maison de la culture islamique de Milan. Connu pour avoir souhaité une rencontre avec le cardinal Donigi Tettamanzi, il s’est fait porte-parole d'un Islam modéré et disponible au dialogue. Il soutient qu'il faut distinguer ce que « dit l'Islam » et « ce que font les musulmans ». Dans le Coran, livre sacré de l'Islam, on parle de liberté religieuse et d'égalité entre hommes et femmes; les restrictions sont entrées plus tardivement.

Tous deux sont convaincus qu’il faut développer une plus grande collaboration entre musulmans modérés, gouvernements occidentaux et l'Eglise catholique. C‘est souhaitable et c’est possible.

De son côté, Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU, à l'occasion de la 97ième rencontre de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le thème «Encourager la responsabilité de défendre», a souligné l'importance d'une approche centrée sur l'homme pour développer des politiques pour la défense des populations de graves violations des droits de l'homme et pour développer le droit humanitaire et d'autres standards légaux internationalement fixés. Il a aussi rappelé comment les politiques nationales qui encouragent une plus grande insertion et la défense des minorités religieuses, raciales et ethniques restent des priorités fondamentales pour encourager le dialogue et la coopération entre les peuples. Il est certain qu’une intervention opportune, soulignant la médiation et le dialogue, est plus efficace que toute action militaire pour encourager la responsabilité de défendre les Droits de l’Homme.

Reste que, pour dialoguer, il faut être deux. Les partisans d’un Islam modéré sont peu nombreux; dans l’Eglise, ce sont les traditionalistes qui semblent avoir actuellement le vent en poupe… Dans ces circonstances, le dialogue aura du mal à prendre de l’ampleur ! Mais ne nous décourageons jamais. Il faut semer, contre vents et marées. Poussera ce qui pourra germer !

Jean Bisson – 30 août 2009

Par JeB
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Lundi 29 juin 2009

Afghanistan-Irak-Iran-Syrie/USA, Israël/Palestine, et tant d’autres conflits ou tensions entre idéologies, entre cultures, entre religions, ne peuvent trouver une solution par les armes, la force ou la menace. Seule la diplomatie, le dialogue et la volonté de vivre ensemble, dans un mutuel respect, dans un juste équilibre économique est susceptible d’engendrer des conditions de paix et de fraternité. C’est évidemment vrai pour nos relations avec les grands pays d’Orient que sont Chine et Inde.

Beaucoup d’Occidentaux réduisent l’Islam au fanatisme de la Jihâd (« guerre sainte »), à la polygamie, à une incontournable volonté d’hégémonie politique théocratique. N’oublient-ils pas que ce sont aussi des hommes et des femmes qui partagent avec nous, pour ceux qui vivent en France, le même destin dans un même compagnonnage ?

Un haut responsable de l’Eglise, le Cardinal Taurin, responsable du dialogue interreligieux a récemment déclaré : « Il n'y a qu'un avenir possible : l'avenir partagé. (…) Il se construit en famille, à l'école, à l'église, à la mosquée. J'insiste surtout sur l'école parce que c'est là que l'on construit réellement l'avenir ».

Pour une fois, je souscris totalement à cette position officielle du Vatican !

Jean Bisson – 29 06 2009
Par JeB
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Dimanche 15 mars 2009

L'Eglise continue à plaider pour la liberté religieuse et l'égalité entre tous. Personne ne peut avoir recours à la violence, les communautés doivent utiliser le dialogue, même si, - pour certains qui ont dû quitter leur pays à cause de l'oppression -,  il n'est pas facile de renouer le dialogue ! Le Moyen Orient n’est pas seulement la terre d’une complexe histoire religieuse du salut, elle est celle d’une géographie actuelle du salut ! 

Chrétiens et Musulmans ont hérité d’une vision caricaturale les uns des autres. Pour les Musulmans, les Chrétiens sont définitivement les monstres des croisades. Pour les Chrétiens, les Musulmans restent aujourd’hui une masse religieuse d’une fanatique intolérance. Seuls les intégristes, les fondamentalistes, les fanatiques veulent imposer leur unique point de vue et leur folle intolérance. Ils ne peuvent pas, ils ne doivent pas gagner ce diabolique combat !

Un élément très significatif - et positif - pour ceux qui connaissent le Liban : l’investissement des communautés chrétiennes dans l’éducation. Les établissements catholiques ont toujours accueilli sans distinction des élèves chrétiens, juifs et musulmans ! Les « Sœurs de Besançon » qui y sont nombreuses sont légitimement fières de leurs écoles ouvertes à tous et surtout à toutes, car les filles y ont une place privilégiée !

Il faut, ensemble, œuvrer à construire un avenir de paix. Et la paix n’est réalisable que dans le respect mutuel religieux, le juste partage économique des ressources naturelles, la reconnaissance universelle des droits de l’homme. C’est cela le vrai et le seul combat. Se convaincre et nous convaincre que cette voie est la condition pour atteindre des lendemains de paix !

Jean Bisson 15 03 2009
Par JeB
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