La FNSEA avait mollement soutenu les producteurs de
lait dans leurs récentes manifestations, laissant la place à la Confédération paysanne. Je m’étais interrogé sur cette attitude. Mais hier, La FNSEA (
Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) a mobilisé de l’ordre de 50 mille mécontents sur l’ensemble
de l’Hexagone.
Il est
évident que cette action a un double but : l’erreur de n’avoir pas soutenu les producteurs de lait devait être effacée au plus vite, et, d’autre part, la mévente des productions des filières
viandes et légumes liées aux baisses de revenu de beaucoup de Français nécessitait une réaction.
Les
exportations agricoles sont également en baisse, à la fois parce que les importateurs sont touchés par la crise mondiale, et parce que la hauteur de l’Euro par rapport au Dollar renchérit les
produits français.
On a pu se
frotter discrètement les mains, dans un premier temps, des avantages de la dérégulation mondiale; maintenant on s’affole et on demande à l’Etat d’intervenir pour aider quand le balancier penche
du mauvais côté. Ne cherchons pas les responsabilités : dans ces situations, il n’y a jamais de responsables. Chacun a cru bien faire. Tout le monde croit bien faire. Pourquoi ceux qui décident
sont-ils toujours considérés comme irresponsables lorsque ce qu’ils ont mis en route conduit à des difficultés, ou se révèle dangereux, voire mauvais ou même
catastrophique ?
Est-ce qu’une
partie du revenu des dirigeants politiques ne devrait pas être bloquée et ne leur être restituée qu’après la fin de leur mandat, en fonction des résultats ?
J’ai bien
peur que ce début de l’hiver inaugure des tensions sociales importantes et de douloureux désordres sociaux.
Jean Bisson – 17 10 2009
La violence montre ainsi parfois son hideux visage, sa bestiale brutalité, son épouvantable mépris des
autres personnes, du bien public, des lois et des institutions.
Bien sûr, on ne manquera de trouver une unanime condamnation de ce sauvage comportement. Bien sûr,
beaucoup souhaiteront que de fortes sanctions frappent ceux qui ont participé à cette manifestation odieuse.
Mais n’est-ce pas en amont qu’il faudrait chercher et traiter les causes de tels
comportements ? Quelle éducation civique, quelle formation morale, quelles règles sociales, quels repères humains ont été inculqués à ces manifestants –assez jeunes dans
l’ensemble-? Dans les familles? Dans l’enseignement? Dans les structures de la société républicaine? Dans les cercles privés de groupes d’appartenance religieuse? La liberté
permet-elle de faire n’importe quoi !
Et maintenant ? Les sanctions apporteront-elles une solution – pour ceux qui seront éventuellement
identifiés, jugés et condamnés ? Ne risquent-ils pas, dans les prisons, de parfaire leurs techniques de violence ?
J’y vois également une condamnation des conditions de vie de nombre de jeunes, sans emploi, sans avenir,
et donc sans perspective !
Ces phénomènes de société démontrent les lacunes éducatives de notre temps, les lacunes sociales pour
l’entrée dans le monde du travail…
C’est tout cela qui alimente les violences actuelles attisées par le sentiment d’injustice que propagent
les techniques modernes de communication: téléphones portables, internet …
Nous ne sommes peut-être qu’au début de ces difficultés !
Jean
Bisson – 12 10 2009
La Fédération internationale des
pharmaciens catholiques a tenu congrès mi-septembre en Pologne. Benoît XVI les a appelés à l’objection de conscience contre la vente des produits « qui portent atteinte à la
vie humaine ». À l’image des médecins, qui peuvent invoquer leur clause de conscience pour refuser de pratiquer l’interruption volontaire de grossesse, une
disposition prévue par la loi Veil de 1975.
La loi française est claire : un
pharmacien ne peut refuser de vendre un médicament, quelles que soient ses convictions intimes ou religieuses. Dans la réalité, peu de pharmaciens s’opposent à délivrer ces produits, et ceux qui
l’ont fait ont tous été condamnés par la justice.
Une clause de conscience
permettrait-elle de résoudre ce dilemme ?
Jean
Bisson 08 10 2009
Mercredi 30 septembre 2009
Le 20 novembre prochain, le monde – du moins peut-on espérer une grande partie de notre
monde ! – célèbrera le 20ième anniversaire de l’adoption par l’ONU de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Une soixantaine de pays se
sont dotés d’un organisme spécifique pour favoriser le respect des droits de l’enfance. L’Europe qui en comptait 35, va en perdre un, et c’est en France que la fonction officielle de Mme VERSINI,
Défenseure des enfants, vient en effet d’être supprimée ! Elle aurait d’ailleurs appris cette liquidation de son service, comme vous et moi, par les médias.
Dans le nouveau projet français, proposé en Conseil des Ministres, un "Défenseur des droits"
cumulerait trois fonctions : Médiateur de la République, Commissaire national de déontologie sur la sécurité, et Défenseur des Enfants.
Des spécialistes craignent que le "Défenseur des droits" se limite, concernant les enfants, au règlement des questions individuelles, sans les traiter dans leurs dimensions sociale, éducative,
morale et politique. Ce serait une évidente régression ! Qui cette institution pouvait-elle donc déranger ? Est-ce une manière «démocratique» de traiter de telles questions sans
aucune concertation ? Ne croirait-on pas rêver !
L'Unicef, scandalisée, demande le maintien en France de cette institution spécifique aux
enfants. L'Action Catholique des Enfants, le Syndicat national des médecins de PMI, plusieurs associations de Pédiatres sont du même avis. L'Union syndicale de la pédiatrie vient de lancer une
pétition. Mme Versini, soutenue par l’ensemble de ses collègues européens réunis à Paris, a été élue Présidente de l’Union européenne des « Droits de l’Enfant »
!
Jean Bisson – 30 09 2009
Vendredi 25 septembre 2009
Un très intéressant article sur l’enseignement de la langue arabe en France a été publié récemment
par Jean-François Copé. Il souligne combien cette
langue est peu enseignée à des jeunes issus pourtant de pays dont c’était la langue vernaculaire des parents ou grands-parents et dont ils ont hérité d’éléments culturels et de traditions
religieuses.
De nombreux élèves, dans le secondaire, sont obligés de suivre des cours d’arabe par
correspondance, faute d’enseignement organisé de cette langue vivante dans les établissements de la République.
Je me réjouis de cette tendance. Pour avoir pu m’initier aux rudiments de cette langue lorsque
je résidais à Fez, au Maroc, je sais combien cet apprentissage est passionnant à découvrir, tant dans son graphisme que dans ses règles. C'est vraiment une manière d'entrer dans une logique et un
esprit.
Le texte de M. Copé est publié in extenso dans la rubrique « Documents
extérieurs ».
Jean
Bisson – 25 09 2009
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