27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 16:20

Naftali Bennett, ministre israélien de l'économie, chef du parti nationaliste religieux " Foyer juif", ne mesure pas toujours ses propos. Le journal américain "Huffington Post" rapporte que deux fois dans des discours publics, il s'est clairement vanté en disant "J'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie. Et il n'y a aucun problème avec ça" et "Vous attrapez des terroristes, vous devez simplement les tuer". Ce ministre a sans doute le droit d'exprimer ce qu'il pense. Mais s'il a tué des Arabes, dans le contexte de son service dans l'armée, et dans des situations de combat, il y a une manière de le dire, et une façon que je trouve très inopportune de s'en vanter. Alors même que, pour la première fois depuis trois ans, des négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens avaient reprises le lundi 29 juillet 2013, c'est peu digne d'un Ministre de tenir des propos aussi choquants sans s'en rendre compte!

Si un militaire a le devoir de tirer, en combat, sur un ennemi, il fait son devoir. Mais, aucun civil n'a le droit de tirer sur un autre civil, quelle que soit son origine! C'est plus qu'une nuance, c'est le simple droit civil international. J'ai, dans ma vie, comme tout jeune français, accompli mon service militaire après un sursis de deux ans pour études. Après mes "classes" en Allemagne, j'ai été curieusement affecté en Algérie. J'eus la surprise de me retrouver en Kabylie, dans le "1er Régiment de Tirailleurs algériens, 1er Bataillon, 3 ième Compagnie". C'est dans ce cadre que j'ai vécu une vingtaine de mois. Dans ma compagnie, il y avait environ quatre-vingt-dix pour cent de Musulmans algériens. Pendant le Ramadan, les "non musulmans", devaient se soumettre au rythme et horaires de la majorité ! Les officiers, tous français d'origine, quittaient la caserne et devaient aller dans un restaurant de Blida. Mais la troupe attendait que sonne la fin du jour pour se nourrir. Comme j'étais sans grade, et comme je n'étais pas musulman, je ne me relevais pas avant l'aube pour bénéficier du second repas ! Je me débrouillais pour disposer soit de petits-beurre, soit de biscottes que je m'octroyais avec toute la discrétion requise, vers le milieu de la journée.

La vie commune, quand la population est composée d'individus de cultures et de religions différentes, permet de vivre concrètement les exigences coutumières avec leurs complexités ! Mais cela ne m'a pas empêché d'aller, ensuite, enseigné librement dans des établissements français d'Afrique devant des élèves musulmans. Se respecter entre personnes de cultures, de langues et de religions différentes n'est pas aussi difficile qu'on pourrait le croire ! Il faut, certes, faire attention, en restant soi-même, de ne pas heurter les autres, c'est tout. Et il faut, dès qu'on ressent un silence ou un blocage, s'efforcer de provoquer l'explication qui permettra à chacun d'expliquer que sa différence n'est pas une agressivité mais que toute différence doit être respectée sans jamais l'imposer à ceux qui appartiennent à une autre culture ou à une autre religion.

Jean Bisson - 28 08 2013

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