14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 23:00
Je viens de tomber, par hasard, sur ce texte, conclu par ma signature ! Ce n'est pas moi qui l'ai rédigé. Mais il exprime parfaitement ma pensée et ma conviction. Je me permets donc de le reprendre et de le publier. Merci à celui qui l'a rédigé. Je n'ai pas un seul mot à changer.
Ou est-ce effectivement l'un de mes anciens textes sur lequel l'un de mes lecteurs est retombé et qu'il m'a
renvoyé le trouvant, avec raison, encore valable aujourd'hui. Ce qui tend à souligner qu'une pensée peut être actuelle sur un temps assez long !

Jean Bisson - 15 04 2013

Un Moyen Orient sans Chrétiens?

Au Moyen-Orient, et spécialement en Irak, l'exode des chrétiens se poursuit. Et c'est une constatation tragique de voir l'une des plus anciennes terres du Christianisme se vider de cette partie de son peuple. Le Père Samir Khalil Samir,  prêtre et professeur d’histoire de la culture arabe et des études islamique, expert en dialogue interreligieux à Rome et à Beyrouth, a déclaré : " Je crois qu’il est possible de stopper l'exode des Chrétiens au Moyen-Orient (1) et de montrer aux Musulmans que nous, Chrétiens, sommes une chance pour leur permettre d’avancer vers une société plus ouverte. S'ils le veulent, nous travaillerons ensemble".
Pour arriver à cela, selon ce spécialiste, il est nécessaire de "bâtir une génération de personnes qui aiment la liberté et qui soient éduquées à la liberté intérieure."
On assiste depuis une dizaine d'année à une ré-islamisation de la société. Votre prénom indique si vous êtes Musulmans ou Chrétiens. Pendant le ramadan, pour tous la vie est modifiée: horaires adaptés,  transports arrêtés à certaines heures, etc.  Il existe aussi des discriminations : un chrétien ne peut pas exercer certains métiers: gynécologue ou professeur d'arabe... Une fille ne peut sortir sans être voilée... et les Chrétiennes finissent par céder!

Même au Liban, où la constitution reconnaît la liberté de religion et où aucune discrimination n'est imposée, les chrétiens qui, en 1950, représentaient 50% de la population de la ville de Tier, soit 5.000 sur 10.000 habitants, aujourd’hui, cette communauté chrétienne ne compte plus que 3.000 âmes sur une population de 80.000, soit 2,6 % !

Samir Ghalil Samir pense que "Si nous laissons les choses suivre leur cours naturel, c’est irréversible, parce que la situation ne changera pas en vingt ans. Il faut bâtir une génération de personnes qui aiment la liberté ; c’est cela qui est important : la liberté. Cemouvement qui veut islamiser les sociétés va continuer et on risque d’arriver à un point de non retour, comme en Turquie, où les chrétiens dépassaient les 20% de la population au début du siècle dernier, et ne sont plus que 0,2% aujourd’hui." Il poursuit: " Je crois qu’il est possible de stopper cette tendance dans le monde arabe et de montrer aux musulmans que les chrétiens sont une chance pour leur permettre d’avancer vers une société plus ouverte."


Au Liban, l’imam Chamseddine, ancien président du Conseil de 1994 à 2001, confessait juste avant sa mort que, s'il avait été longtemps convaincu qu’une société islamique était idéale, après 15 ans de responsabilités politiques, il reconnaissait que la société, telle qu’elle est au Liban, est meilleure parce que les Chrétiens y ont apporté leur contribution.

Apprendre à vivre ensemble est l'approche incontournable pour l'avenir. Cette perspective est évidemment à construire dans le respect mutuel des différences. L'Islam des Lumières doit se conjuguer avec la Lumière des philosophes de l'Occident dans de futurs états ouverts au monde. Les hommes sont condamnés à apprendre à admettre leur libre complémentarité.


Jean Bisson  14 05 2012

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 23:01

La nouvelle a été diffusée il y a une dizaine de jours par le "Jeru­salem Post". Ce quo­tidien a dévoilé un arrêté de la Cour Suprême israélienne qui donne son aval à la décision gouvernementale de raser 8 villages palestiniens au sud d’Hébron. Une pétition pré­sentée par l’Association des droits des civils au nom des 8 vil­lages ciblés n'a pas été suivie d'effets. Dans sa décision, la Cour précise que les rési­dants peuvent habiter dans leurs maisons jusqu’en novembre prochain.

Le motif invoqué est que ces 8 agglomérations palestiniennes se trouvent dans le nouveau périmètre d'une zone d’entraînement de l'armée israélienne et qu'il n’est pas possible à des Pales­ti­niens d’accéder à une zone militaire au cours des entraînements de l’armée.

Des représentants de 15 pays euro­péens ont visité ces vil­lages. Ils ont publié un communiqué dans lequel ils souhaitent vivement qu'Israël renonce à ces destructions et ils recommandent même que des mesures de protection du développement palestinien soient encouragées dans cette zone.

Il ne faut guère se faire d'illusions. La politique de la terre brûlée qui rase toute trace palestinienne est un procédé qui se répète inlassablement et qui entretient la haine née de ces innombrables spoliations, depuis la création de l'Etat d'Israël. La paix ne devrait-elle pas se préparer en alliant les communautés plutôt qu'en s'ingéniant à les dresser les unes contre les autres?

Jean Bisson - 25 08 2012

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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 23:01
L'opposition Chiites-Sunnites existe depuis l'origine même de l'Islam. Dès la mort du Prophète, en 632,  
les Musulmans se déchirent autour de cette succession et cette fracture accompagne encore aujourd'hui 
les héritiers du Prophète. Lui-même, n'avait-il pas hésité pour son héritage, entre deux solutions? 

Chacune a été prise comme le fidèle testament par les deux héritiers rivaux : la majorité s'est rangée 
derrière Abou Bakr, désigné  comme "successeur de l'envoyé de Dieu" (ou "calife") qui deviendront les 
Sunnites. Les autres choisiront  Ali, fils de Abou Talib, cousin et gendre du prophète qu'ils désignent  
comme le seul successeur légitime et se nomment  les chiites (de "chia","partisan"). Chaque clan étant sûr
de sa seule légitimité, le schisme oppose depuis l'Islam Chiites et l'Islam Sunnite, chacune de ces deux
branches comptant des "sous-groupes".

"Il faut couper la tête du serpent"(iranien): ce vœu  du roi Abdallah d'Arabie saoudite aux  Etats-Unis en mars 2009 – révélé par WikiLeaks –, leur recommandant d'attaquer l'Iran, a révélé les tensions politiques entre l'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite!

Cette rivalité s'est rouverte dès 2005, en Irak, quand, après plusieurs décennies sous la férule de Saddam Hussein, sunnite renversé par les USA, les élections ont porté au pouvoir une majorité chiite !

Ces recompositions géopolitiques réveillent les démons et l'on assiste à de véritables guerres partisanes, comme celles qui agitent actuellement la Syrie, et qui débordent sur les voisins turcs, libanais, agitent d'autres puissances voisines comme l'Iran, l'Egypte et inquiètent Israël qui se trouvent au centre des zones troublées!

Pour beaucoup d'observateurs, l'Arabie saoudite est préoccupée par l'obsession d'un complot chiite iranien, appuyé par les groupes chiites de la région (certains étant majoritaire, mais sous tutelle d'un gouvernement ou d'un souverain sunnite...).

Pour certains analystes, la peur des Sunnites face à la constitution d'un "croissant chiite" (Iran, Irak, Syrie, Liban) ne serait pas le véritable moteur de leur opposition. Ce serait plutôt plus la logique du refus de l'influence américaine que des questions religieuses.

L'obsession des pétromonarchies ne serait pas de soutenir une ligne d'éthique religieuse, mais de conserver le leadership économique du marché de pétrodollars!

Enfin, j'emprunte au journaliste Shahzad Abdul, spécialiste du Moyen-Orient, cette conclusion :"la prochaine visite de Mohamed Morsi, le président égyptien, prévue à Téhéran le 30 août lors du sommet des non-alignés – une première depuis la visite d'Anouar El-Sadate au shah d'Iran en 1979 – est symbolique. Elle pourrait représenter l'amorce de l'ébrèchement du front sunnite face à l'Iran. Car une Egypte émancipée de l'influence américaine ressentira moins le besoin de faire de la surenchère anti-iranienne".

La crise syrienne n'est sans doute qu'un épiphénomène dans ce millénaire conflit musulman, devenu un simple conflit d'intérêts qui se mesure en royalties !

Jean Bisson - 24 08 2012

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 23:01

L'Institut du Monde Arabe, visage incontournable des relations humaines et culturelles et liens de la France avec le monde arabe, fêtera en novembre prochain son 25e anniversaire. L'IMA (Institut du Monde Arabe) est actuellement dirigé par Renaud Muselier. La situation financière de l'institution est saine. Le Musée, rénové et modernisé, a été réouvert, et de nouveaux équipements ont été mis en place.

À la lumière de l'expérience, le gouvernement actuel estime que la séparation des fonctions de président du haut conseil et de président du conseil d'administration n'est pas immuable. Ce système avait été mis en place au moment de l'élection de Dominique Baudis au Parlement européen.

La politique française actuelle semble souhaiter développer avec ses partenaires arabes une nouvelle étape pour les activités dans le cadre de l'IMA. Dans le contexte des mouvements que connaît aujourd'hui le monde arabe, le rayonnement de la culture française a intérêt à bien utiliser la vitrine et l'outil de dialogue que représente l'IMA à Paris. Une actualité à revoir en novembre prochain.

Jean Bisson - 17 08 2012

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 23:01

Le nouveau Président de l'Egypte, Mohamed Morsi, en rappelant le Parlement - dissous par l'armée dès son élection - divise profondément le pays. Certains se réjouissent de ce défi lancé à l'armée et saluent le courage des Islamistes. D'autres citoyens, regrettent ce qu'ils considèrent être un coup d'état constitutionnel, et un manque de respect aux principes démocratiques. Quant aux jeunes qui avaient lancé la révolution, ils ne sont guère satisfaits par la prise en mains de l'Egypte par les islamistes, comme les personnalités politiques laïques inquiets du monopole acquis par les Frères musulmans. Enfin les Coptes demeurent dans une inquiétude facile à comprendre, entre enclume et marteau.

 

De fait, la puissance militaire en Egypte couvrait depuis 60 ans un système dictatorial pour empêcher l'arrivée au pouvoir des Islamistes. La nouveauté c'est que Frères islamistes et Militaires avaient réussi à s'entendre pour museler la rue et les révolutionnaires de la place Tahrir. Le rappel du Parlement renvoyait les militaires dans leurs casernes, et garantissait au Président le soutien de son groupe islamiste.

 

Dernier rebondissement : la Haute Cour constitutionnelle vient de suspendre, le 10 juillet, la décision présidentielle de reconduire le Parlement. A moins que le rappel de la Chambre ne soit que provisoire, le temps de refaire de nouvelles élections parlementaires? Ce serait la solution la plus sage! Les modérés et les laïcs, comme les minoritaires, resteront-ils tenus à l'écart?  Qui possède une majorité n'est jamais pressé de la remettre en jeu ! En Orient, tout reste toujours possible. Il suffit de savoir attendre...

 

Jean Bisson - 15 07 2012

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 23:01

Les Libyens, 2,7 millions de personnes,votaient samedi dernier 7 juillet. Cet acte citoyen était pour eux le premier. Dès dimanche, M. Ban Ki-Moon, Secrétaire Général de l'ONU, a félicité le peuple libyen pour son vote et tous les organisateurs de cet événement qui s'est déroulé dans un esprit pacifique et démocratique et dans une transparence reconnue par tous.

Les résultats, encore partiels, semblent accorder la majorité aux tendances démocrates et républicaines plutôt qu'au parti islamique. C'est sans doute un soulagement et un grand espoir pour cette majorité qui se structurerait dans une perspective a-religieuse, à l'inverse de ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte.

Mais les résultats définitifs ne seront proclamés qu'aujourd'hui. S'ils confirment la tendance actuelle, ce pourrait être une nouveauté à considérer avec attention et à soutenir. 

Jean Bisson - 11 07 2012

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 23:01

L'ancien régime de Moubarak avait accepté avec Israël un modus vivendi amiable et plutôt pacifique. Avec Gaza, la frontière égyptienne, en principe fermée, restait une passoire par laquelle transitaient des produits de première nécessité que le blocus israélien rendait précieux. Un certain équilibre s'était instauré.

L'arrivée au pouvoir d'un nouveau régime en Egypte conduit par les Frères musulmans, risque de changer la donne. Israël construit un nouveau mur pour se protéger de l'Egypte devenue potentiellement plus dangereuse. Le danger n'est d'ailleurs pas qu'islamiste: en effet, depuis quelques mois une entrée clandestine de plusieurs milliers d'Africains inquiète beaucoup les autorités israéliennes: ce ne sont certes pas des terroristes, mais s'ils s'installent en Israël, n'étant pas de religion juive, c'est un risque d'affaiblissement de l'identité nationale juive qui pourrait rapidement en découler. C'est une double lutte dont semble prendre désormais conscience Israël : un combat militaire contre le terrorisme palestinien et un combat identitaire contre l'arrivée d'étrangers africains! Et dans ce second combat, ni murs ni armes n'ont cours.

Jean Bisson - 05 07 2012

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 23:01

Israël détient en ses prisons environ 4700 prisonniers palestiniens. La majorité de ces détenus n'ont jamais été condamnés par un tribunal et sont donc en simple "détention administrative". Cette situation semble non reconnue par le droit international. Que des terroristes soient poursuivis, arrêtés, jugés et condamnés, c'est bien. Que des détenus soient privés de liberté arbitrairement, cela pose un problème grave.

Certains seraient également "au secret", sans aucun contact avec leur famille. Il se trouve que depuis le 17 avril dernier, donc depuis plus d'un mois, plusieurs centaines de ces détenus se sont mis en grève de la faim; leur seul moyen de protester.

Deux prisonniers seraient déjà dans le coma, selon l'Agence de Presse Internationale Catholique (l'Apic).

Cette situation inhumaine est-elle tolérable de la part d'un pays qui se réclame de la démocratie?

Jean Bisson - 23 05 2012

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 23:01
Récemment, les associations catholiques «Caritas» de Méditerranée ont réfléchi sur le thème immigration et criminalité (1). Il leur semble que l'on doive refuser toute identification entre ces deux réalités. 
La rencontre s'est intéressée aux conséquences du "Printemps arabe" en Afrique du nord et au Moyen-Orient, sur le rôle de l’Europe, affectée par la crise économique et aux prises avec l’urgence humanitaire des réfugiés (2), et sur le dialogue interreligieux, auquel sont confrontés quotidiennement les Caritas de la rive sud de la Méditerranée, dans des pays à majorité islamique.
Les conclusions de ce colloque ne semblent pas avoir été publiées.
Jean Bisson  21 05 2012
1- 3e rencontre internationale des Caritas de la Méditerranée, du 16 au 18 mai 2012, à Cagliari, en Sardaigne. Manifestation organisée par les Caritas d’Italie sur le thème «Dialogue entre rives : routes, révolutions, religions».
2- Notemment pour l'Italie qui reçoit quotidiennement des bateaux en provenance d'Afrique du Nord (Tunisie et Lybie).
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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 23:01

Sur la situation en Syrie, le témoignage, reçu via Rome, d'un jeune jésuite, ordonné prêtre le 30 juillet 2010 à Damas, est intéressant à connaître. En voici deux brefs extraits.

“Moi, je suis pour la paix, je ne m’occupe plus de politique. Ma priorité, outre l’aide humanitaire aux populations qui souffrent de la situation, se porte sur l’éducation des enfants: nous devons former une nouvelle génération et l’éduquer afin de faire baisser la tension interconfessionnelle. Il faut la sensibiliser à l’esprit d’ouverture aux autres…”.  “Dans cette société patriarcale, les gens sont peu ouverts, on ne se fréquente pas hors du groupe… Je veux favoriser le dialogue horizontal entre les gens, afin qu’ils se connaissent et se comprennent. C’est seulement ainsi que l’on peut bâtir l’avenir de ce pays”.

C'est bien, pour ce jeune Jésuite d'origine syrienne, le dialogue interreligieux qui reste l'espoir d'un avenir de paix. Et cela passe par évidemment par l'éducation et le dialogue interconfessionnel. Les Chrétiens syriens  peuvent devenir médiateurs entre les Musulmans actuellement séparés par les préjugés,  la peur et la haine.

Jean Bisson - 19 05 2012

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