L’affaire fait du bruit : un proche du Chef de l’Etat, chef de cabinet, annonce que les sectes c’est un
«non-problème» ! Une affirmation qui s’oppose au rapport officiel des Parlementaires français. Avis maladroit, qui, dès le lendemain, est désavoué par le Président de la République. Mais est-ce à la sphère gouvernementale ou au Chef d’Etat de décider, dans un état toujours laïc - jusqu’à nouvel ordre – si tel ou tel groupe est ou non une
secte?
Qu’est-ce qu’une SECTE? Du latin secta = voie, ce serait une voie proposée à celui qui cherche. Mais qui cherche quoi ? Difficile de le
préciser, car le chercheur cherche ce qu’il n’a pas trouvé, et donc souvent ce qu’il ignore ! Difficile de définir une secte. Voici
la définition des sectes que propose la Commission des Droits de l'Homme : « Groupements se présentant ou non comme religions, dont les pratiques
sont susceptibles de tomber sous le coup de la législation protectrice des droits des personnes ou du fonctionnement de l'Etat de droit ».
Dans une approche sociologique, on peut dire qu’une secte rassemble des individus en recherche ou en rupture à qui sont offerts des valeurs, des
repères, des certitudes. Les sectes sont décrites, de l’extérieur, moins par le catalogue de leurs doctrines que par ce qu’on peut leur
reprocher : manipulation mentale des adeptes, mauvais traitements, non-assistance à personne en danger, incitations à la haine raciale, abus de confiance, extorsion de fonds, infractions financières et fiscales,
rupture entre la secte et la société, liberté individuelle restreinte etc. La destruction de la personnalité physique, psychique, intellectuelle, relationnelle, peut
aller jusqu’au suicide (individuel ou collectif). Les kamikazes d’Al-Qaïda, peuvent être assimilés à des sectataires conditionnés pour une mission-suicide motivée par leur doctrine. Les sectes
peuvent être un réel danger pour les personnes, et pour la société. C’est un problème trop sérieux pour que les politiques jouent en ce domaine.
Jean Bisson 22 02 2008