(suite de la brève d’hier)
D’après le décret, cette nouvelle base de données doit permettre de rassembler toute une série d’informations sur certaines personnes publiques (politiques, syndicales, religieuses) ou encore sur
certains individus ou groupes « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ». Ces données concernent les personnes âgées de 13 ans et plus. Selon la Cnil, sa position a été suivie
par le ministère de l’intérieur sur un certain nombre de points : publication du décret au Journal officiel, pas d’interconnexion de ce fichier avec d’autres fichiers, limitation des données
enregistrées pour les personnalités publiques, durée de conservation des données fixée à 5 ans pour les personnes faisant l’objet d’une enquête administrative pour l’accès à certains emplois de
sécurité notamment. Toutefois, la Cnil maintient ses réserves sur d’autres points, en particulier sur la collecte d’informations relatives aux mineurs et, dans ce cas, sur l’absence de limite
dans la durée de conservation de ces données. La Cnil regrette également que la possibilité de collecter des informations relatives aux origines ethniques, à la santé ou à la vie sexuelle des
personnes ne soit pas assortie de garanties suffisantes. Enfin, la Cnil note l’absence d’une procédure formalisée de mise à jour et d’apurement du fichier.
A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et
généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux
significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.
Les collectifs, associations, syndicat et partis peuvent apporter leur soutien et leur signature en écrivant à contact@nonaedvige.ras.eu.org
Jean Bisson 17 08 2008 (à suivre demain)