Les premiers hommes étaient des itinérants, chasseurs et cueilleurs… La culture occidentale, depuis ses origines greco-latines a toujours évolué vers la sédentarisation rurale puis citadine. Dans d’autres régions, des «cultures nomades» se sont maintenues et tentent encore aujourd’hui de subsister.
En Afrique noire, des tribus nomades vivent de l’élevage et côtoient, non sans problèmes, d’autres tribus qui, elles, se sont sédentarisées autour de leurs champs. Il y a, dans l’immensité saharienne, les touaregs, ces célèbres «hommes bleus», qui sillonnent les déserts… En Europe, nous avons les «Roms», derniers héritiers des nomades européens…
Et c’est précisément sur leur situation que des prélats se sont interrogés dernièrement. Mgr Agostino Marchetto a annoncé la tenue d'un congrès à l’automne prochain, à Pfeifing en Allemagne, sur la place des jeunes Gitans dans l'Eglise et dans la société contemporaine. Les problèmes de la scolarisation des enfants Rom sera naturellement abordée…
L'approche fondamentale d’un dialogue doit se situer au niveau culturel, parce que semi-sédentarisés ou sédentarisés, les Roms - comme tous nomades - conservent une culture du mouvement, de l'itinérance qui met en question notre stabilité occidentale, notre besoin que tout soit à sa place, sécurisé, normalisé, et dès aujourd’hui fiché…
On est loin du nomadisme du peuple hébreu, derrière Moïse, quarante ans dans les déserts… On est encore plus loin de la vie d’Abraham dont l’itinérance
pastorale lui fit parcourir ce que nous appelons aujourd’hui le "Croissant fertile". Je conserve, personnellement, une certaine fascination pour l'errance... Une nostalgie du voyage
perpétuel, du chemin à parcourir, d'horizons toujours repoussés, d'une quête san fin... Le chemin d'une vie libre !
Jean Bisson – 21 08 2008