En quête d’avenir, de plus en plus de candidats à l’émigration, hommes, femmes et enfants, meurent en tentant de traverser la Méditerranée qui les sépare de l’Eden qu’ils convoitent. Ceux qui ont la chance d’aborder vivant une côte se retrouvent enfermés dans des centres de rétention avant d’être renvoyés à leur point de départ. Il faut que leur misère soit grande pour que certains renouvellent plusieurs fois cette dangereuse tentative.
Le Pape Benoît XVI s’en est ému : il a récemment appelé tous les pays concernés par cette tragédie humaine de l’immigration africaine vers l’Europe à rechercher des solutions. Ce drame nous interpelle tous. La situation actuelle exige à la fois une réponse politique profonde, mais elle doit engager nécessairement la solidarité internationale. Pour le mois de septembre, le Pape demande aux chrétiens de prier pour « La défense et la tutelle des droits des réfugiés. Pour que quiconque est forcé de quitter son foyer et sa patrie pour fait de guerre ou de régime d'oppression reçoive le support des chrétiens dans la défense et la tutelle de ses droits ».
Les migrations trans-méditerranéennes existent depuis l’antiquité. Mais leur ampleur actuelle pose des problèmes nouveaux liés à l’équilibre économique mondial. Les pays d’origine comme les pays de destination doivent collaborer à la recherche d’un équilibre. La liberté et la justice doivent aussi trouver leur place dans l’équilibre à promouvoir. Le respect de la personne humaine fait partie des aménagements à mettre en place.
Diplomatie et humanité, politique et intérêts économiques réciproques, liberté individuelle de circuler et contrôle logique de l’immigration clandestine : bien des nécessités difficilement conciliables mais sans lesquelles ne s'épanouirajamais l’avenir méditerranéen. L’équilibre économique du bassin méditerranéen ne peut se réaliser sans que la dignité de tout individu n’en soit le préalable, sans que soient réconciliées et tolérantes les diverses réalités politiques qui en composent le puzzle. Il faudra de la diplomatie, de l'obstination et beaucoup de temps.
Jean Bisson – 03 09 2008