Le Ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, veut mettre de l’ordre dans l’école et sans doute même en profiter pour réaliser des économies. S'interrogeant publiquement sur les classes maternelles, notre brillant Ministre s'est exclamé: faut-il recrûter des "bac + 5 " pour "des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches !". Tout ministre qu’il soit, le «patron» de l'éducation nationale pourrait se renseigner avant de causer.
D’abord, il aurait dû savoir que depuis belle lurette "ses" écoles maternelles n’acceptent que les enfants «propres» pour lesquels les couches-culottes appartiennent au passé.
Ensuite, ce «Serviteur de l’Etat» devrait ouvrir un traité de psychologie traitant de la prime enfance, pour y découvrir combien l’apprentissage et l’éducation sont primordiaux à un âge où s’acquièrent les bases de la conscience personnelle et les fondements de la vie sociale.
Mon syndicat d’enseignants - qui a toujours été minoritaire quoique rassemblant tous les personnels de l’Education nationale - a toujours pensé et soutenu que les personnels les plus qualifiés (par leurs diplômes et par leur ancienneté) devraient se voir confier les classes les plus difficiles ou les plus délicates, et parmi elles, les maternelles et le fameux «Cours préparatoire» dont dépend souvent toute la suite des études !
Monsieur le Ministre, pour faire un bon mot, l’esprit ne suffit pas, il aurait fallu viser juste ! Il vous faudrait retourner à la Maternelle, pour y apprendre à respecter ceux qui vous entourent, pour comprendre que c’est dans ces lieux que se cimentent les fondations de la socialisation et que ce sont sur ces bases que germe la conscience individuelle, que se découvre le respect des différences, et que se sème l’idéal démocratique.
Jean Bisson – ancien instituteur. 19 09 2008