La Scientologie est renvoyée devant la justice pour "escroquerie en bande organisée", délit passible de 10 ans d'emprisonnement et de 1 million d'euros d'amende, portée à 5 millions d'euros pour les personnes morales. Un organisme condamné dans ce cadre peut être dissous. L'Association spirituelle de l'Eglise de scientologie-Celebrity centre et la librairie Scientologie espace liberté (SEL), ainsi que les sept principaux responsables au moment des faits seront jugés en 2009.
Même si ces dix dernières années, plusieurs responsables locaux de l'organisation ont été condamnés
pour escroquerie, l’annonce d’un procès en 2009 rompt en effet avec des décisions récentes favorables à l'organisation. Dans son ordonnance de renvoi, citée par l'AFP, le juge estime que
l'Eglise de scientologie a trompé les parties civiles "en recourant systématiquement à des tests de personnalité dépourvus de valeur scientifique dans la seule perspective de vendre des
services ou divers produits" et en "exerçant une emprise psychologique sur elles".
En 1978 : Le fondateur de la scientologie, Lafayette Ron
Hubbard, est condamné par défaut par le tribunal de Paris à quatre ans de prison et 35 000 francs d'amende pour escroquerie. Trois responsables français de la scientologie, également condamnés,
seront relaxés ultérieurement.
En 1996 : La cour d'appel de Lyon condamne l'ancien président de la scientologie à Lyon, Jean-Jacques Mazier, à trois ans
d'emprisonnement, dont dix-huit mois fermes, et 500 000 francs d'amende pour homicide involontaire et escroquerie, suite au suicide d'un adepte. Mais en appel, sa peine sera entièrement couverte
par le sursis. D'autres responsables voient également leurs peines allégées.
En 1999 : Sept scientologues sont jugés à Marseille pour escroquerie. On leur reproche notamment d'avoir "des cures de
purification" d'une "totale inefficacité". Un ancien cadre régional est condamné à deux ans d'emprisonnement, dont dix-huit mois avec sursis, et 100 000 francs d'amende. Quatre
autres scientologues sont condamnés à des peines avec sursis, de six mois à un an.
En 2002 : Le mouvement est pour la première fois condamné en tant que personne morale, à Paris. L'association spirituelle de l'Eglise
de scientologie d'Ile-de-France (Asesif) et son président doivent chacun verser 5 000 euros d'amende pour avoir violé la loi informatique et libertés en conservant des fichiers informatiques sur
d'anciens membres de la secte. La peine sera confirmée en appel et en cassation. - (Le Monde.fr, avec AFP)
Ces informations ont été publiées dans le quotidien Le Monde en septembre dernier. Il semble donc que, même une institution ayant pignon sur rue, peut donner lieu à certaines dérives… Dans ce domaine, il faut savoir être lucide et s’entourer de précautions dès que des sommes financières importantes sont en jeu !
Jean Bisson – 04 10 2008