On ne parle de clone, me semble-t-il, que dans le domaine physique, concret. Peut-on en étendre l’application au domaine spirituel ? Cela me semble incertain.
La notion d’ «incarnation» implique une rupture de la nature du «Fils» à «l’image du Père», mais distinct puisque Jésus a été fait "homme, fils de Marie". L'humanité de Jésus, son entrée physique, charnelle, dans le temps, dans notre espace-temps limité par la mort est à l'opposé de l'éternité divine.
Il en est de même de tout homme qui n’est pas un «clone» de Dieu mais qui, nous dit la Genèse, a été créé «à l’image de Dieu». Si l’on considère que Jésus, le fils de Marie, est clone de Dieu, il faudrait alors admettre que tout homme est clone de Dieu, vous et moi compris !
Et ce n’est d’ailleurs peut-être pas aussi éloigné qu’on pourrait le penser de la théologie de la «rédemption». En effet, l’Eglise professe que chaque homme est bien «enfant de Dieu» et appelé, post mortem, à rejoindre son divin créateur, pour peu qu'il le veuille... (Dieu respecte la liberté de chaque homme)
Je pense qu’au sens strict, si Jésus avait été un clone divin, il n’aurait pas été totalement homme, ce
qu’il a été jusque dans la mort sur la croix. L’homme Jésus est bien mort, crucifié, sous les yeux de sa mère.
Le «Ressuscité» est vivant, et il est peut-être alors, dans sa résurrection, devenu «clone spirituel» du Père. Mais cela ne demeure qu’une hypothèse ou un acte de foi !
Jean Bisson – 25 10 2008