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L’Homme affronté au Milieu Naturel (2)

(suite de la réflexion commencée le samedi 17 janvier 2009)

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent » écrivait Victor Hugo. L’image d’un combat entre l’homme et la nature s’est toujours imposée. L’homme aime d’ailleurs se mesurer à la nature, il aime la dompter dans un duel qui le valorise, qui l’exalte jusqu’à flirter, consciemment ou non, avec le danger et la mort. C’est le cas d’alpinistes, de marins, de beaucoup de sportifs qui vont aux limites des capacités humaines. Le motard connaît les risques de la vitesse, sans pour autant y  renoncer ...

Pour profiter de la fertilité du terrain, l’homme cultive et s’installe dans les vallées ou sur les pentes d’un volcan... Si l’inondation ou la brusque éruption l’atteignent, qui faut-il accuser : l’autorité qui n’a pas interdit l’implantation dangereuse, le propriétaire qui  a choisi de tirer là le bénéfice de la fertilité d’un sol à  risque, Dieu, le "destin" ? Qui prend le bateau accepte le risque du naufrage. Qui monte en avion prend le risque d’un crash. Qui s'engage sur unelroute prend le risque d’un accident stupide...

Par rapport aux cataclysmes naturels, nous avons aujourd’hui les moyens techniques d’en prévoir un grand nombre, et donc de nous y préparer... Si on ne le fait pas toujours, c’est parce que cela coûterait trop cher, ou que cela ne concerne pas directement ceux qui en auraient les moyens... Il faut bien admettre que les peuples riches sont bien mieux protégés des cataclysmes que les peuples les plus pauvres... Et même chez nous, à l’intérieur d’une commune, ce ne sont jamais les plus modestes qui habitent les endroits où existe un danger potentiel (inondation, avalanche, etc.), à moins que, pour des raisons d’argent, on ait caché le caractère dangereux au nouvel acquéreur !

De ces affrontements à son milieu naturel, l’homme sort souvent grandit, ayant réalisé une part de son ambition, s’étant dépassé, ayant vaincu ses peurs. Il peut aussi être fier d’avoir trouvé de nouvelles techniques, de nouveaux savoir-faire... Le prix à payer reste celui de l’échec, de la « malchance »... Enfin chacun sait que, dans sa vie, il perdra au moins un combat, la mort étant vainqueur au dernier rendez-vous !

C’est, au fond, la vieille philosophie grecque du « Carpe diem ». Avec l’aggiornamento de la science moderne qui pense que vie et mort sont programmées dans notre héritage biologique. La vie n’étant qu’un laps de temps, arbitraire, accordé par les hasards de la nature, ne convient-il donc pas de le vivre de la meilleure manière !

Le croyant, lui, doit-il voir la main du Créateur, ou une volonté divine, dans les événements dus au milieux naturels ? Je n’en suis pas convaincu ! La mécanique céleste n’aurait-elle pas droit à sa propre liberté ? A l’homme de découvrir les lois naturelles et d’apprendre à en assumer les dangers potentiels. (à suivre samedi prochain, 31 janvier)

Jean Bisson – 24 01 2009

PS : J'apprends que Benoît XVI a décidé de lever l'excomunication qui frappait 4 évêques "traditionalistes". Ces disciples de Mgr Lefèbvre s'étaient exclus de l'Eglise en refusant les décrets du Concile Vatican II. Dans le contexte de la semaine de l'unité des chrétiens ce pourrait être un geste sympathique. Mais...
L'un de ces evêques, dans sa jubilation, a déclaré dans une interview qu'il était certain que les chambres à gaz n'avaient jamais existées dans l'Allemagne nazie. Je ne vois pas le rapport. Mais je serais satisfait que cette déclaration révisionniste et déplacée puisse faire réfléchir, et qu'une mise au point soit faite par le Vatican. 


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