DESARROI chez les catholiques Sur « Le Monde » de vendredi 10 avril, un « Point de vue » signé Olivier Bobineau et Jean-Pierre Mignard, le premier étant sociologue des religions, le second étant avocat, mérite d’être souligné. Ce même jour, par ailleurs, un sondage indique que 17% seulement des catholiques pratiquant croient en la résurrection !
Ci-dessous le texte du Monde. Vos réactions m’intéresseraient bien sûr !
Jean Bisson – 13 04 2009
"" Après l'affaire de la réhabilitation du missel ancien de la messe pour les traditionalistes, en juillet 2007, contenant une prière antijuive pour le vendredi saint, après la levée de l'excommunication de quatre évêques intégristes le 24 janvier, puis l'affaire du négationniste Williamson, sans oublier l'affaire de Recife avec l'excommunication de la mère d'une fille de 9 ans violée par son beau-père au Brésil, vient l'affaire du préservatif "aggravant" le problème du sida... Cette cascade d'événements montre le divorce accru entre la société de notre temps et le sommet de l'Eglise catholique, et la faille qui va s'élargissant entre les parties de la hiérarchie elle-même.
Que cela soit pensé, voulu ou inconscient et involontaire, ce n'est même plus le problème : une ligne dure s'affirme en affichant haut et fort des valeurs dans l'espace public mondial. L'Eglise a déjà connu ces moments d'intransigeance qui n'ont jamais favorisé son plein développement, y compris à la fin du XIXe siècle. La modernité, c'est le diable.
La vraie difficulté est de fait ailleurs. Cette conjonction d'erreurs de communication qui repose avant tout sur le manque de rencontre avec la société des hommes et femmes d'aujourd'hui souligne au moins deux problèmes majeurs de l'Eglise catholique, qui l'éloignent de sa mission fondatrice : incarner l'amour, fait de pardon, de dons et d'abandon.
Premier problème majeur : l'absence totale de sens politique. Le Vatican ne sait pas communiquer ni gouverner à l'heure de la globalisation. Le pape le reconnaît dans la lettre envoyée aux évêques le 10 mars : il aurait dû consulter Internet... Mais l'aveu est déroutant : les évêques chargés du dossier ainsi que les évêques français ont-ils été consultés et entendus ? (à suivre)