Ecrire engage le signataire de son texte. D’où mon aversion pour les textes anonymes ! Qui écrit et publie ce qu’il pense doit en assumer la responsabilité. Et dans le domaine de la parole ? Est-ce différent ?
Il est manifestement plus facile de déraper… C’est pourquoi le vieil adage de « tourner 7 fois sa langue avant de causer » aurait toujours du bon ! Les hommes «publics», élus de tous poils, ne devraient-ils pas le savoir ?
La Presse internationale a épinglé le Président français qui, dans un dîner qu’il offrait à de nombreux invités politiques, a émis des opinions désobligeantes sur plusieurs de ses pairs. Il n’aurait jamais écrit de tels propos ! Il a eu la faiblesse de se laisser aller.
Est-ce le rôle d’un opposant politique, en l’occurrence Ségolène Royal, de rebondir en médiatisant des «excuses au nom de la France» ? Je ne le pense pas.
Les médias ont toujours été des amplificateurs. On doit aussi en tenir compte.
Une déclaration orale engage son auteur. Mais ne convient-il pas aussi de relativiser la portée d’un malencontreux « trait d’esprit » ? Quant à la récupération politique, elle ne grandit pas forcément qui l’exploite.
Avec internet, tout peut être écrit et publié. C’est une liberté à laquelle je tiens, mais elle n’ôte pas la responsabilité !
Je suis inquiet, et je rejoins l’avis récent de Dominique de Villepin : la France glisse vers une possible révolution sociale. Les injustices sont en train de dépasser les limites du supportable. Là se situe aujourd’hui le seul problème majeur. Le temps ne doit pas être celui des escarmouches de seconde zone !
Jean Bisson – 20 04 2009