En ce début de millénaire, des «émeutes de la faim» ont secoué notre terre. La crise économique que
nous traversons est plus durement ressentie par les plus démunis… Des millions de personnes disposent de moins d’1 euro par jour pour se nourrir ! Un milliard d’humain souffrent de
sous-nutrition ( 1 personne sur 6 ! ).
La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) évaluait, en 2008 avant la crise, les besoins d’aide alimentaire annuelle entre 25 et 40 milliards de dollars pour une lutte globale contre la malnutrition. Les 95 pays donateurs n’ont pu s’engager que sur un total mondial de 20 millions de dollars. La moitié des besoins de base !
Peut-on oublier les milliards de dollars dégagés miraculeusement par les Etats pour remettre à flot la trésorerie des banques privées ???
Par ailleurs, semble-t-il possible de faire l’impasse sur une remise à plat de l’économie agricole mondiale, dont le premier but devrait être la sécurité alimentaire garantie à tous ? Les productions céréalières traditionnelles restent tributaires des aléas du climat ; la production des maïs fourragers est une hérésie à cause du gaspillage d’eau qu’elle entraîne !
Les responsables politiques ne peuvent ignorer les menaces de la pauvreté et de la famine. Les grèves aux Antilles peuvent être un premier avertissement. Les « restos du cœur » ont vérifié que les demandes augmentaient inexorablement…
Les ventres affamés ne se contenteront pas de paroles, ni de promesses !
La paix sociale, comme la paix internationale, ne se bâtira que sur un juste partage des ressources, des vivres, de l’eau… La dignité de l’homme, passe par cette exigence : du travail pour gagner son pain.
En ce premier mai, je pense tout particulièrement aux chômeurs, à ceux qui n’ont qu’un travail précaire ou à temps partiel, à tous ceux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts… Qui pourrait rester insensible à leur révolte ?
Jean Bisson - 01 05 2009