Le pape vient d’appeler à une mobilisation humanitaire en faveur des réfugiés du Sri Lanka. Si la suppression de l’opposition des Tigres
tamouls par la force militaire semble une réalité, on ne peut oublier que
les 25 ans de conflits ont fait près de 70.000 victimes. La situation des
réfugiés pris entre deux feux est devenue catastrophe humanitaire.
Le 8 janvier dernier, Lasantha Wickramatunga, rédacteur en chef du Sunday Leader (un hebdomadaire sri-lankais de langue anglaise), avait été assassiné au volant de sa voiture.Tout à fait conscient des risques qu'il courait en poursuivant son travail d'information, ayant subi de nombreuses menaces de mort et tentatives d'intimidation, le journaliste avait écrit, quelques jours avant sa mort, un article intitulé « Puis ils vinrent pour moi », où il faisait part de la programmation de son assassinat.
Dans une déclaration du 6 janvier, Mgr Oswald Gomis, archevêque de Colombo, dénonçait déjà les actes de violence : « Nous sommes sur la liste des pays où la liberté de la presse est la plus atteinte… » alors que c’est l'une des libertés les plus fondamentales de toute institution démocratique !
Dès 2007, Benoît XVI avait demandé l'assistance aux blessés, la sécurité des civils, leur approvisionnement alimentaire et leur couverture médicale. Il avait aussi réclamé la protection de la Vierge de Madhu, «vénérée par les catholiques mais aussi par les fidèles d'autres religions», de façon à hâter «le moment de la paix et de la réconciliation nationale». Mais aucune de ces demandes n’a été prise en compte par le gouvernement en place.
Aujourd’hui, militairement victorieux des Tigres Tamouls, le pouvoir sri-lankais va pouvoir utiliser ses forces à réduire les éléments qui, au nom de la liberté et de la démocratie, revendiquent le respect des Droits de l’Homme !
La situation est tragique au Sri Lanka. Le monde ne s’en préoccupera guère. En Europe, quelques voix s’élèveront, comme celle de Benoît XVI, comme la mienne, mais peu de citoyens se sentiront vraiment concernés. C’est vrai qu’un Français sur deux ne se sent même pas responsable de l’avenir de l’Europe et par ricochet de la France… Que faudrait-il donc faire pour rendre l’homme plus sensible, plus fraternel, plus respectueux des différences, plus militant pour la justice sociale et la liberté de pensée ???