Individu, association ou communauté, tout groupe humain construit son identité sur trois dimensions
logiques et complémentaires.
1- La dimension rétrospective, patrimoniale et culturelle qui émerge de l'histoire racontée, du
"d'où venons nous?", des souvenirs et des acquis qui nous lient aux autres. L'unité est dans un « nous » qui reste à construire, équilibre entre le passé et le présent. D’où l’importance de la
conservation, des archives, des commémorations …
2- La dimension introspective, conscience d'être unique et spécifique, avec un caractère, des
sensibilités, des usages ou coutumes qui nous rassemblent et me distinguent. Individu issu d’une dualité et vivant dans une multitude. Conscience d'un « nous sommes ainsi, et moi comme ça
».
3- La dimension prospective : elle nous projette dans un monde complexe et dans un futur
hypothétique et incertain. Qui et que voulons-nous devenir ? Dans quelles relations suis-je prêt à m’investir ? La clé de mon ambition personnelle, ma dynamique d’ouverture à l’altérité, ma foi
partagée, ma participation à des communautés plus larges, comme la francophonie, l'Europe, etc. Comment participer demain à une identité européenne (à construire), si je ne suis pas clair avec ma
propre identité personnelle, avec ma propre identité nationale ?
Défendre sa spécificité individuelle, son indépendance et sa liberté reste fondamental, pour chaque
individu, et à chaque échelon de sa socialisation. Mais oublier la prospective de dépassement, d’élargissement, serait se limiter à stagner, au lieu de s’élever vers des sommets toujours plus
hauts !
Jean Bisson – 06 06 2009