Hier, le vol du A330 Air France en provenance du Brésil n’est pas arrivé à Paris, sa destination. Pris dans la tempête de la dangereuse zone intertropicale, comment un tel ensemble technologique a-t-il pu s’abîmer dans les flots sans que le moindre message de détresse ait pu être lancé ? Incompréhensible. Mais la réalité est là. Accablante d’émotion lorsqu’on pense aux victimes. Poignante de compassion quand on songe aux familles.
Incompréhensible et torturant questionnement pour le pilote privé que je fus en Côte d’Ivoire, au Maroc et en France, dans les années 1968-1980. Sur les « coucous » que je pilotais, on ne pouvait s’en remettre aveuglément aux instruments; on pilotait surtout « à vue » et « aux fesses ». Certes les navigateurs étaient d’appréciables auxiliaires. Mais ils ne remplaçaient jamais l’œil et la main du pilote, jamais surtout ils ne se substituaient à la décision du commandant de bord ! L’homme restait le maître.
Ce drame efface aujourd’hui une première : la liaison inaugurale d’un A380 reliant Singapour à Paris où le plus grand avion du monde (500 places) s’est posé vers 06 heures 40, ce mardi matin 2 juin, après 9 heures de vol. A la suite de Singapour, Sydney, Londres, Tokyo, Dubaï, Los Angeles, Melbourne, Auckland, Toronto et Bangkok, l'aéroport de Paris Roissy-Charles de Gaulle rejoint ainsi le petit club des villes accueillant le dernier fleuron de l'avionneur européen Airbus.
Sachons que cette merveille ne sera pas – malgré son exceptionnelle technologie – à l’abri d’une attaque perverse de la foudre ou de violences météorologiques dont les amplitudes croissent avec le réchauffement terrestre… Que l’on sache enfin, que l’avion reste le transport le moins dangereux, donc le plus sûr !