La liberté religieuse implique-t-elle nécessairement «la possibilité d’offrir, aux élèves des écoles publiques et privées, une éducation religieuse cohérente avec leur foi»? C’est ce que souhaite une lettre envoyée par le Saint-Siège, le 5 mai dernier, aux épiscopats des 4 coins du monde.
La France pourrait se sentir particulièrement visée par une allusion qui souligne que, dans certains pays, de nouvelles réglementations remplacent l’enseignement religieux par un enseignement du fait religieux…
Cette même lettre du Vatican reconnaît qu’il incombe aux parents de transmettre l’éducation et la culture religieuses aux jeunes. Mais elle ajoute que «Les droits des parents se trouvent violés lorsque les enfants sont contraints de fréquenter des cours scolaires ne répondant pas à la conviction religieuse des parents ou quand est imposée une forme unique d'éducation d'où toute formation religieuse est exclue». En outre, si l'enseignement se bornait à une exposition des différentes religions de manière comparative, cela pourrait être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme.
Dans les écoles publiques, comme dans les écoles catholiques, rappelle enfin cette lettre, l’éducation religieuse des élèves non-catholiques devra être pleinement respectée …
Etant donné que le pouvoir civil ne peut imposer une religion, la lettre explique qu'il revient à l'Eglise «de définir le contenu spécifique de l'enseignement religieux à l'école, garantissant aux parents et aux élèves eux-mêmes l'authenticité d'un enseignement qui se veut catholique ». Dans ce contexte, «il appartiendra à la Conférence des Evêques de chaque pays d'édicter des règles générales en ce domaine, et à l'Évêque diocésain de l'organiser et d'y être attentif ». L'Eglise fera tout son possible pour offrir aux fidèles la formation dont ils ont besoin.
Je crains bien que cette lettre, quoique pertinente sur certains points, ne soit que très peu appréciée par une majorité de Français. Les Enseignants chrétiens de l’Enseignement public ne manqueront sans doute pas de réagir. Mais n’aurait-il pas mieux valu travailler ce texte avec eux avant de le publier ? Certains propos auraient alors pu être nuancés !
Jean Bisson – 13 09 2009