AVENIR et DEMOCRATIE
LE MONDE, dans son édition du 06 janvier dernier, a publié un « Entretien avec Jacques Attali, ex-conseiller de François Mitterrand, intitulé : « La démocratie à l'épreuve du futur ». De cet article, signé par Laure Belot et Emmanuel de Roux, j' extrais quelques idées
Face au réchauffement climatique, à la raréfaction de l'eau, à la gestion future de 9 milliards de Terriens, dont 6 milliards dans des villes, nos sociétés démocratiques n'ont-elles pas une vraie difficulté à penser l'avenir ?
Révolution démographique. Un exemple, le financement des retraites. La situation est catastrophique, notamment en France. Chaque année, l'argent que l'on est supposé y consacrer est utilisé à autre chose…
La fonction de prévisionniste connaît un discrédit quasi général. Sans doute souffre-t-elle de son utilisation par le système soviétique, qui assimilait prévision et propagande. Les entreprises, en particulier familiales, ont mieux compris que les Etats qu'il faut changer sans cesse pour durer.
Le grand problème de la démocratie, c'est qu'aujourd'hui il n'est presque plus possible à un dirigeant d'être provisoirement impopulaire. C'est pourtant ce que doit pouvoir être un homme d'Etat qui pense au long terme. Cette incapacité à se projeter dans l'avenir risque de ne pas s'améliorer, alors qu'un peu partout on commet l'erreur de réduire la durée des mandats.
Un gouvernement mondial pourrait-il nous aider à penser l'avenir ? Les intérêts des grandes nations sont contradictoires. Et elles ne sont tombées d'accord qu'après des crises majeures : la Société des nations est née après la première guerre mondiale ; les Nations unies après la seconde. Il ne faudrait pas que nous attendions la troisième pour mettre en place un gouvernement mondial. Le projet est assez simple : fusionner le Conseil de sécurité et le G8.
Cette solution serait légitime et représentative. Les Chinois et les Indiens y ont intérêt. Encore faudrait-il que les Européens et les Américains le veuillent !
JeB 28 02 2007