Dans le quartier historique de Bab Al-Mouadham, sur la rive du Tigrela, la ruelle Moutanabi est la rue des libraires et des bouquinistes de Bagdad. Artistes, intellectuels et journalistes s’y retrouvent pour discuter culture et politique. C’est là que, le 5 mars, des assassins ont frappé, faisant une quarantaine de morts et plus d’une centaine de blessés. "Détruire des livres, c'est encore pire que de tuer des gens. Les terroristes tentent d'anéantir le savoir" déclarait le libraire Naïm Al-Shatry.
Dans le même temps, des pèlerins étaient visés par d’autres kamikazes : plus de cents morts et un nombre très important de blessés, donc de mutilés marqués dans leur chair pour le reste de leur vie.
Par ailleurs, neuf soldats américains ont été tués, le même jour (5 mars), dans deux attaques contre des convois. Ces décès portent à 3 179 le nombre de soldats et personnels américains tués depuis le début de la guerre en Irak. Autant de familles américaines traumatisées.
On ne peut oublier la vie difficile, au milieu de ces luttes fratricides, de la petite communauté chrétienne d’Irak.
On ne peut oublier non plus la situation dramatique des agnostiques irakiens traqués dans ces féroces combats entre factions islamistes.
Tandis que dans l’Iran voisin, la contestation politique des étudiants et des intellectuels semble s’accroître, que faire pour rétablir un processus de paix dans ces pays, berceaux de la tribu d’Abraham ?