Cinq ans après la publication du rapport de Régis Debray sur "L'enseignement du fait religieux dans
l'école laïque", les formations proposées dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) ne semblent pas
toucher tous les étudiants Les enseignants d'aujourd'hui
sont issus du désert religieux des années 1970 et 1980. Désert que l'on a pris pour une victoire de la laïcité, mais qui les a privés d'un fonds de connaissances religieuses Que répondre à un élève qui pense que "le cochon, c'est du poison" ou qu'"une église est un lieu impur" ? Sur quel mode dialoguer avec des parents qui
contestent aux enseignants le droit d'affirmer en classe que "Jésus était
juif" ?
Les programmes scolaires balayent assez efficacement l'histoire des religions, notamment celle des trois grands
monothéismes. Mais la manière d'aborder le judaïsme pose problème : on passe directement des Hébreux, peuple de la
Bible, à la Shoah. On s'en tient à l'islam des origines, une approche qui fait le
jeu des fondamentalistes… Par contre,
les religions ou spiritualités asiatiques sont quasiment absentes des programmes, alors que le
nombre d'élèves originaires d'Asie s'accroît.
Les enseignements restent cantonnés aux cours d'histoire, de géographie et
parfois de français, complétés au lycée par des apports en philosophie.
L'enseignement catholique, lui, propose déjà des séquences pédagogiques liant les religions aux mathématiques ou au sport.