Attendu par les catholiques traditionalistes comme une bénédiction, et par beaucoup d'évêques et de prêtres – en France, en Allemagne, en Suisse, aux Etats-Unis, etc. – comme un cadeau empoisonné, le motu proprio ("décret personnel") de Benoît XVI libéralisant la messe en latin a été publié, samedi 7 juillet, à Rome. Il est accompagné d'une "lettre d'explication" (initiative rare) du pape, qui se sait en terrain miné.
La règle reste la messe moderne : la messe en latin est l'exception.
La principale nouveauté du décret de Benoît XVI est la levée du verrou qu'avait fixé Jean Paul II pour la célébration de la messe en latin. Celle-ci ne sera plus nécessaire.
Ces mots iront droit au cœur des traditionalistes. Mais ils décevront la grande majorité des prêtres et des évêques qui s'efforcent d'animer des liturgies modernes accessibles au plus grand nombre sans porter atteinte au mystère et au sacré.
Primo, la messe en latin ne pourra être célébrée qu'à la condition qu'elle soit demandée par un "groupe stable" de fidèles attachés à l'ancien rite qui en fait la demande. Le pape ne donne ni critère, ni chiffre et cela risque de provoquer des tensions.
Secundo, le prêtre en charge d'une communauté, en concertation avec son évêque, garde une marge de manœuvre. Les prêtres de base connaissent les méthodes musclées de certains groupes traditionalistes pour tenter d'obtenir une église ou des célébrations en latin.
La gestion risque d’être délicate. D’autant que ce texte arrive en période de vacances… et qu’il sera appliquable à compter du 15 septembre prochain. Les instances diocésaines auront-elles le temps de réunir le clergé ?
Le rentrée pourrait être chaude, même dans l’Eglise de France !
JeB 07 07 2007 21 heures