de Stéphanie Le Bars, publié dans Le Monde.
Des QUESTIONS concrètes : Plus inattendue, la présence d'un moine de l'abbaye de Cîteaux (Côte-d'Or) souligne la dimension spirituelle de l'islam. "Dieu saurait-il distinguer entre un musulman mystique et un chrétien mystique ?", lance frère Frédéric, engagé dans des échanges interreligieux, notamment avec une communauté de soufis installée près de son abbaye. Mais, pour la plupart des participants, les questions sont plus concrètes. "Dans les paroisses, on voit arriver de plus en plus de couples mixtes ; des musulmans participent aux mariages religieux. Quelle image doit-on leur donner de l'Eglise ?", s'interroge l'un d'entre eux. Faute de "savoir faire", certains curés refusent de procéder à des mariages dont l'un des conjoints est musulman. "Côté musulman, on ne sait pas à quel type d'interlocuteurs s'adresser pour résoudre ces questions", se plaignent aussi les acteurs de terrain. "Souvent, il faut baptiser les convertis en cachette car la pression sociale de leur communauté est trop forte", rapporte un prêtre. "Ce que les gens entendent de l'islam ne les incite pas à voir les choses d'un oeil positif et je suis frappé par le désarroi des familles (de culture catholique) qui voient leurs jeunes se tourner vers l'islam. Elles craignent qu'ils ne finissent terroristes", raconte un autre. Le prosélytisme réel ou supposé de certains groupes musulmans inquiète aussi. "Même dans les écoles catholiques (où les élèves de confession musulmane sont parfois majoritaires), des familles demandent la suppression de la viande de porc", s'indigne une participante. Tous demeurent néanmoins convaincus de "l'enrichissement mutuel" que procure le dialogue entre les deux religions. Un avis qui ne fait pas l'unanimité dans l'Eglise. "Le dialogue interreligieux tel qu'il se pratique est une comédie car on n'y parle pas des points de doctrine qui nous divisent ; les musulmans ne montrent qu'un aspect des choses et ne font que la moitié du chemin", indiquait récemment au Monde le prêtre responsable des relations avec l'islam pour le diocèse de Paris, François Jourdan. (fin de l’article du Monde).
JeB 26 08 2007 (Demain > Présidence et information ...)