Un récent article signé Clarisse Fabre, publié dans le Monde, pointe l’importance des vols d’objets d’art sacré. Or 90 % du patrimoine mobilier protégé au titre des Monuments historiques se trouve dans les édifices religieux. Les églises, propriété des communes, et les 86 cathédrales de l'Etat sont les principales cibles des trafiquants d'art, et les chapelles privées ne sont pas épargnées ! Dans la nuit du 11 au 12 septembre 2007 , plusieurs dizaines de pièces d'orfèvrerie ont ainsi été dérobées à la cathédrale de Perpignan. En 2006, 208 vols dans les édifices religieux, dont 90 objets inscrits ou classés aux Monuments historiques, ont été officiellement enregistrés. A la fin du premier semestre 2007, on a déjà recensé 270 vols. Au fil des ans, le patrimoine s'effrite.
Pour autant, faut-il enfouir les oeuvres d'art dans des coffres ou doit-on les soustraire de la vue des utilisateurs ou visiteurs des édifices religieux ? Cela n'est pas du tout souhaitable.
La ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, a saisi le MInistère de la Justice afin d'étudier un durcissement du code pénal concernant le vol d'un bien culturel - considéré comme un vol simple et puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, sauf cas particuliers entraînant des peines plus lourdes. Il s'agirait de créer "une cause d'aggravation du délit" dès lors que le bien volé appartient "aux catégories les plus importantes de notre patrimoine culturel". Et de prévoir "un délit d'intrusion dans les lieux publics".
La dissuasion, c'est bien. Mais ne faudrait-il pas également travailler sur le respect à manifester devant une oeuvre, un patrimoine qui appartient à tous... Dans ce domaine, il y a beaucoup à faire !
JeB 08 10 2007 (Demain : SYMBOLISME du 10 et d'abord du Zéro...)