Comment ne pas réagir aux scandales financiers qui secouent la Société Générale ? Cinq milliards d’euros, envolés… Oui ; 5 mille Millions d’euros perdus, à cause d’un employé. Il faut y ajouter, annonce le même jour la Société Générale, deux milliards perdus, eux, officiellement par la Banque (aucun responsable identifié…) à cause des effondrements boursiers américains ! Mais ce n’était que de la monnaie informatique, virtuelle… Pas si grave, puisque la même Banque annonce qu’il y aura encore un bénéfice de 750 millions d’euros sur les actifs 2007.
De quoi faut-il s’indigner ? De ce jeune diplômé trentenaire, qui n’aurait pas su gérer la responsabilité qui lui était confiée, qui a joué, qui aurait donc pu gagner tout aussi facilement que perdre ! La roulette russe financière en quelque sorte. Mais ne lui fait-on pas «porter le chapeau» d’une gigantesque banqueroute ? Le véritable scandale ne serait-il pas que les responsables de la Banque n’aient pas su anticiper et contrôler ces pertes, les leurs, et celles de leur fol employé ?
Le problème est éthique : a-t-on le droit d’engager et de «jouer», au-delà de ce qui est légal et par delà le raisonnable, des sommes qui ne sont pas personnelles ? On va encore renforcer les sécurités. Bien. Mais n’y aura-t-il pas toujours quelqu’un d’assez diaboliquement intelligent pour contourner les nouvelles barrières ? La référence morale demeure en toute matière le seul vrai recours. Quand on mesure où en est aujourd’hui le niveau de conscience (ou d’inconscience !), on peut s’attendre à tout.