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Au-delà du «pauvre con» Article de Jean-Michel Dumay (fin)

Fin de l'article publié dans "Le Monde" 
Dans son analyse, Mme Haroche explore les nouvelles manières d'être et de sentir de l'individu contemporain, saisi par "l'intensification des flux sensoriels et informationnels des médias omniprésents". Tranchant sur les siècles passés, des cinq sens, le toucher, jadis roi au Moyen Age, a laissé place à l'ouïe et à la vue : les deux fers de l'omnipotence audiovisuelle au règne de la consommation et de la virtualité passives, les nouvelles aliénations. "Pris dans un mouvement constant, nous tendrions, selon la sociologue, à n'éprouver que des impressions diffuses et volatiles, noyées dans une sensation de changement incessant."
Dans ce nouveau monde, la pensée, qui réclame lenteur et durée, réflexion et argumentation, a moins sa place - d'où un certain appauvrissement intérieur.  Le regard lui-même se serait modifié. Notamment le regard sur les autres, marqué par l'inattention, un manque de considération. On en revient finalement au "pauvre con". A cet "autre" qu'on insulte ou refuse de toucher. Car le respect implique la connaissance de l'autre et la reconnaissance des différences, ce qui nécessite du temps partagé, de la profondeur, puis de la stabilité. Une voie vers la confiance et la fidélité. Ce sont là des besoins psychiques fondamentaux. Et cependant des denrées rares.
Jean-Michel Dumay  07 03 2008
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