Annick de Souzenelle écrit : « Ce n’est qu’en épousant la Mère, en se retournant vers la Adamah (terre dont il a été initialement pétri – Genèse 3, 19) qu’Adam peut revenir à ses sources et s’accomplir dans les normes originelles. »
Enfin, la Sphynge n’est-elle pas Œdipe lui-même dans son aspect féminin ? L’accomplissement final du héros (ou la solution du complexe oedipien) sera symbolisé par les quatre enfants qui naîtront de son union avec Jocaste sa mère.
Ismène (vigueur du taureau – 1°étape de la vie, ancrage dans la terre, fécondité assurée à cette fille, promesse de la royauté que les cornes symbolisent), Polynice ( corps de lion , 2nde étape de la vie, pour ce garçon c’est la promesse d’ardeur solaire, d’amour et de victoires sur soi-même. Ce sont les épousailles de l’Homme avec ses énergies).
Etéocle : (qui signifie « la vraie clé ») c’est la 3° étape, symbolisée par l’aigle dont les ailes permettent de monter à l’assaut des cieux. Ce fils sera le gardien de la porte des cieux et le détenteur de la Clé.
Antigone : (le nom de cette fille signifie « avant la naissance ») C’est l’aboutissement du parcours initiatique : lorsque l’Homme retrouve les normes ontologiques dans leur plénitude première, avant sa blessure au pied…
Ainsi le mythe d’Œdipe me semble-t-il la meilleure illustration de l’ambigüité de la quête humaine : rassembler les deux faces de l’homme, sa dimension spirituelle et sa réalité matérielle. (à suivre)
Jean Bisson 07 08 2008