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MESSE en latin

Par un «motu proprio» (document propre au pape signataire, mais n’engageant pas l’Eglise universelle), Benoît XVI a ouvert aux communautés catholiques l’option de choisir de célébrer leur rassemblement dominical soit selon le rite introduit par le Concile Vatican II en 1964, en langue vernaculaire, soit en latin selon le rite grégorien. Pour avoir refusé l'"aggiornamento" imposé par le dernier Concile, Mgr Lefebvre et ses disciples intransigeant avaient été excommuniés. Latin ou pas latin ? L’enjeu n’est pas seulement linguistique !

Il s’agit sans doute et d’abord d’une conception relationnelle de l’homme par rapport à Dieu. Les musulmans se tournent tous, imam compris, vers la Mekke, point géographique symbolique de convergence en la révélation du Koran, parole de Dieu révélée par la bouche de l'Archange-messager Gabriel.

Dans le rite de la messe traditionnel, fidèles et prêtre-présidant se tournent de la même façon vers l’autel (table sacrificielle placée à la frontière de l'assemblée)  vers un Dieu extérieur, un dieu "au-delà" du monde.

Ce qu’a voulu Vatican II, c’est que les catholiques-disciples de Jésus (l’Emmanuel – dieu qui s’est incarné et qui a vécu au milieu des hommes – soit aussi et dès maintenant au milieu de ceux qui se rassemblent en son nom… D’où cette tendance à positionner l’autel au centre de l’assemblée… C’est une symbolisation matérielle, une traduction spatiale et architecturale de la foi en un Dieu-présent , aujourd'hui, au milieu des hommes.Tel me semble être le seul véritable enjeu.

La messe reste la même. Mais si notre disposition symbolique peut varier, c’est en fonction de notre propre relation à Dieu : ou nous plaçons Dieu comme extérieur au monde, ou nous le sentons présent dans le monde, depuis son incarnation par Jésus, le fils de Marie… Je me range dans ce second rapport et je soutiens l’avancée qu’a manifestée Vatican II. L'autel au milieu de nos assemblées de prière, c'est l'image d'un Dieu présent au milieu de son peuple et qui lui parle dans sa langue maternelle.

Ce qui ne m’empêche pas d’aimer le latin, langue universelle et culturelle, langue méditerranéenne !

C'est là le domaine de notre culture et de notre histoire.

Jean Bisson 13 09 2008
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