(Article paru dans « Le Pays » en 2007) – publié avec l’autorisation de l’auteur)
Aujourd’hui, l’humanité semble fascinée par le suicide collectif.
Les scientifiques nous assurent que nous allons dans le mur. La déforestation, l’industrialisation polluante, le pillage des ressources non renouvelables de la planète, le rejet d’oxyde de
carbone dans l’atmosphère engendrent une rupture de l’équilibre écologique. Il s’en suit un réchauffement climatique dont nous n’avons pas encore mesuré toutes les conséquences. Ajoutons le péril
atomique que l’inégalité Nord-Sud par la situation de violence qu’elle génère, rend encore plus plausible. Enfin, l’homme lui-même, jouant les apprentis sorciers, est tenté par le bricolage
génétique qui pourrait se révéler irréversible. Bref, pour reprendre la formule du président Chirac à Johannesburg « Notre maison brûle et nous regardons
ailleurs ! »
Le chrétien que j'essaie de devenir et qui n'est nullement théologien, se pose des questions : Violenter
la planète jusqu'à rendre toute vie humaine impossible, n'est-ce pas offenser gravement la Créateur? La Bonne Nouvelle annoncée par Jésus-Christ fait homme, garderait-elle toute sa saveur et sa
force si l'homme disparaissait, en ayant voulu se prendre pour un dieu ? Comment le salut en Jésus-Christ peut-il se réaliser si notre histoire, notre histoire sainte, se terminanit par un
cataclysme ?
Dieu en a peut-être déjà vu d’autres, mais j’ai du mal à croire qu’il se résigne à cette destruction ; ne nous a-t-il pas confié la création, ne se soucie-t-il pas de l’homme ? Alors, j’ai relu le livre du prophète Jonas.
A l’instar de Jonas, les chrétiens individuellement et collectivement ne sont–ils pas envoyés par Dieu pour parcourir notre monde, Ninive moderne, et annoncer que nous creusons notre propre tombe si nous ne changeons pas rapidement et radicalement la façon de gérer notre planète ?
Gérard Cordier - 30 12 2008 (à suivre demain)