En fin de compte, et quoique l’Église elle-même n’échappe pas - en ce qu’elle a d’humain - aux conflits de tous ordres, sa pensée est bien résumée par Mgr Jean Honoré :
1-l’homme fait, dans sa propre conscience, l’expérience de sa division intérieure...
2-l’histoire humaine témoigne de l’impuissance des hommes à réaliser le progrès dans l’harmonie collective des esprits et des cœurs.
3-cette double expérience traduit la distorsion qui est au cœur même de l’existence de l’homme. Cette distorsion qui a sa source dans la dualité et le conflit des instincts et des passions témoigne d’une blessure à l’intérieur de l’homme.
4-la foi identifie cette blessure à une situation de péché, en relation avec une rupture initiale de l’homme avec Dieu.
5-l’état de pécheur appelle une libération et un salut que la foi de l’Église identifie à Jésus-Christ venu parmi les hommes. (La Foi de l’Église. page 168).
Il en découle :
- que le mal n’est pas, pour le chrétien, une fatalité.
- que la mort est un passage, une rupture avec notre situation de pécheur. (5)
- que Dieu, respectant notre liberté, n’intervient pas; mais qu’il écoute nos prières et peut les exaucer.
- que Dieu n’est pas celui qui punit, mais Celui qui sauve... (6)(7) (8)
(4)in Catéchisme de l’Église Catholique 1992 - lire tout le chapitre II « MOURIR DANS LE CHRIST JÉSUS ». § 1005 à 1019.
(5)Saint Ambroise écrit : « Vois où tu es baptisé; d’où vient le Baptême sinon de la Croix du Christ, de la mort du Christ ? Là est tout le mystère : Il a souffert pour toi, c’est en Lui que tu es racheté, c’est en Lui que tu es sauvé. » (in de Sacramentis . 2, 6 ).
(6)in Catéchisme de l’Église Catholique 1992 - §1524 : (Le viatique, dernier sacrement du chrétien) « A ceux qui vont quitter cette vie, l’Église offre, en plus de l’onction des malades, l’Eucharistie comme viatique. Reçue à ce moment de passage vers le Père, la communion au Corps et au Sang du Christ a une signification et une importance particulières. Elle est semence de vie éternelle et puissant e de résurrection, selon les paroles du Seigneur : »Celui qui mange ma chair et bois mon sang a la vie éternelle et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6, 54). Sacrement du Christ mort et ressuscité, l’Eucharistie est ici sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père. »
(7)in Catéchisme de l’Église Catholique 1992 - § 2279 : (Euthanasie) « Même si la mort est considérée comme imminente, les soins ordinairement dus à la personne malade ne peuvent être légitimement interrompus. L’usage des analgésiques, pour alléger les souffrances du moribond, même au risque d’abréger ses jours, peut être moralement conforme à la dignité humaine si la mort n’est pas voulue, ni comme fin, ni comme moyen, mais seulement prévue et tolérée comme inévitable. Les soins palliatifs constituent une forme privilégiée de la charité désintéressée? A ce titre ils doivent être encouragés. »
(8)in Catéchisme de l’Église Catholique 1992 - § 2283 : (Suicide) « On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager, par des voies que Lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. » L’Église prie donc aussi pour toutes les personnes qui ont attenté à leur vie.
Il nous faut être conscients que :
-"Nous ne serons crédibles aux yeux des autres que si nous avons appris ou réappris nous-mêmes en quel Dieu nous croyons et ce qu’il fait pour nous". (Lettre au Catholiques de France - page 52 )
-"Notre baptême nous appelle à témoigner de cette force de salut qui a sa source en Jésus et qui engendre un monde délivré du mal et de la mort". (Lettre au Catholiques de France - page 59)
-"La reconnaissance par un être humain du mal qu’il accomplit fait partie de sa dignité et souligne sa responsabilité par rapport aux actes qu’il pose et qui peuvent blesser ou détruire les autres. Face à l’expérience du mal, la foi chrétienne inclut cet appel primordial à la liberté personnelle ». (Lettre au Catholiques de France - page 60)
-"Dans nos rencontres (...) nous devons apprendre à pratiquer une lecture pascale de tous les événements..." (Lettre au Catholiques de France - page 62)
-«... l’expérience que notre ÉGLISE est appelée à faire, si elle veut rester fidèle à l’exemple des apôtres et des saints, et si elle accepte que la proposition de la foi dans la société actuelle soit bien plus qu’un projet pastoral : une véritable expérience spirituelle. » (Lettre au Catholiques de France - page 107 )