Il existe un courant de pensée, nommé « post-modernité ». Dans cette approche, la réalité concrète du monde humain ne serait qu’une construction
sociale. Et dans cette construction sociale, il ne semble pouvoir exister aucune vérité objective, mais qu’une mosaïque de vérités subjectives. Ce serait donc là le prix à payer pour notre
liberté.
Il y a dans ce principe une réelle et fort intéressante expérience humaniste. Chacun peut revendiquer le droit d’être reconnu dans «sa» vérité, sa foi, son choix, son histoire… C’est bien. Et cela va dans le sens du respect absolu de la personne en tant qu’individu libre. Mais cette liberté peut-elle être totale ? Probablement pas !
L’individu, s’il est libre, fait aussi partie d’une famille, d’un groupe, de moyens de communication qui font référence : langue, culture, traditions, religion… Et cet enracinement est, pour moi, une réalité objective. Devient-elle « Vérité objective » ? Certains diront oui. D’autres répondront non.
Je me rangerai auprès des seconds ; en effet les premiers refusent de remettre en question l’héritage sociétal dont ils sont issus. Ils ont le droit de s’y référer, mais ne doivent-ils pas respecter la liberté de ceux qui choisiront d’avoir d’autres références ? Non seulement je n'ai pas peur d'affronter les différences, mais j'ai la conviction que, de l'approche de l'alérité, nait un grand enrichissemet personnel.
J’illustre ces propos. Au XIX° siècle, quand la France colonisait, elle pensait apporter à «ses» colonies «la Civilisation» ! Elle n’avait même pas conscience qu’elle rencontrait une autre civilisation, différente mais aussi respectable que celle qu’elle entendait imposer comme un progrès ! Le «bien» étant cru «objectif» justifiait - subjectivement - la méthode.