L’eau est présente dans beaucoup de rites mortuaires.
On sait combien les eaux du Gange sont sacrées pour les populations Indiennes ; on s’y lave, physiquement et rituellement ; on y immerge, après crémation, les cendres des défunts.
Dans le Judaïsme, dès son dernier souffle, après avoir fermé les yeux du défunt, on recouvre le corps d’un linceul. Puis un membre choisi de la communauté lavera rituellement le corps avec une quantité d’eau déterminée, sur toutes ses faces, tandis qu’on psalmodie des Psaumes.
C’est un rituel semblable que déroulent les Musulmans pour laver le corps de leur défunt, cette toilette est accompagnée de la récitation de Sourates du Coran.
Ces toilettes mortuaires lavent concrètement le défunt pour qu’il se présente « propre » devant Dieu pour le « Jugement », mais au-delà de la toilette physique, il s'agit d'une symbolique toilette "morale.
Les Catholiques ne sont pas en reste : avant les obsèques religieuses, on «jette» de l’eau bénite sur le corps. Une eau sur laquelle une prière a été faite et qui, symboliquement «lave des péchés». Et bien sûr dans la célébration des obsèques catholiques, cette eau est aspergée sur le défunt par les croyants en signe de dernier adieu. On utilise pour la même raison cette eau lorsqu’on rentre dans un lieu consacré, rituel de purification symbolique, d'où les bénitiers.
Curieusement, chez les Zoroastriens (en Iran, notamment), l’eau fait partie des éléments sacrés, de même que la terre et le feu. Pour ne pas souiller ces éléments divins par la présence d’un cadavre, on ne peut ni enterrer, ni immerger, ni crématiser ! Dans ce contexte culturel on expose donc les morts sur des tours et ce sont les oiseaux qui viennent se repaître des chairs. Les os restants sont empilés dans le « puits » étanche, centre de la tour, jusqu’à remplissage… Alors on reconstruit une nouvelle tour. Mais cette pratique a été interdite pour des raisons sanitaires, depuis une trentaine d’années en Iran. Le gouvernement iranien propose aujourd’hui aux zoroastriens des caveaux étanches.
Enfin, croyant ou non, pour désigner la mort, n’utilise-t-on pas souvent l’expression : « passer sur l’autre rive » ? Le Styx était le fleuve mythique dont les eaux séparaient la terre des vivants des Enfers, ou du Royaume des Morts… Egyptiens des époques antiques, Grecs et Romains confiaient à leurs défunts une pièce pour payer le "nocher" de la barque des morts…