Le procès qui vient de s’ouvrir à la Cour d’Assise d’Indre et Loire, pose le drame du «déni de grossesse». C’est une «situation» nouvelle, née des «évolutions récentes» de la psychologie. Mais depuis longtemps déjà, une personne reconnue «privée de raison», n’est pas légalement «responsable de ses crimes».
Si j’ignore les circonstances et les responsabilités psychiques qui ont conduit cette mère à ces «gestes criminels», - à ces crimes pour quelqu’un que je considère comme «normale» (au sens de conforme aux normes de notre loi et de ma conscience personnelle) – puis-je exclure son irresponsabilité si des experts la certifie «anormale» ?
La mort des 3 nouveau-nés doit être condamnée.
Mais cette mère homicide, il ne m’appartient pas de la juger. Les Psychiâtres qui l’examineront et auront à se prononcer sur sa responsabilité psychologique ont un diagnostique que je ne voudrais pas avoir à formuler. Ils disposent de critères, je l'espère.
Par ailleurs, je suis, éthiquement, contre la peine de mort. Quel que soit les crimes. Mais si, «au nom du peuple français» une personne est condamnée, les conditions pénitencières devront respecter la dignité humaine.
Ne serait-ce pas notre société - (et j’y inclus ce couple dans lequel l’homme ignorait les grossesse de sa propre épouse !)- qui est malade ou « a-normale »? Mais, peut-il être question de mettre un expert en psychologie comme ange gardien de chaque individu ? Ne serait-ce pas une question de formation (psychologique, morale, sociale, sexuelle, relationnelle, économique, voire même religieuse pour ceux qui ont une foi, sans oublier une initiation à l’ensemble des arts et de la culture…) ? Mais qui dispenserait cette éducation quand on voit le mal que trop de parents éprouve dans l’éducation de leurs enfants ?
Je crois que chacun est ce qu’il est. Je crois aussi qu’il est nécessaire d‘affirmer sa pensée ou son opinion, de réagir à ce qui nous touche. Je pense enfin que chacun avance en écoutant les autres et en acceptant de se remettre parfois en cause !
L’éthique ne va pas de soi. Une loi ne s’applique pas aux faits, mais à une personne et c’est l’honneur de notre société que de respecter aussi le criminel en cernant avec conscience son vrai niveau de responsabilité.