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SYMBOLISME : les chevaux prophétiques (2)

J’emprunte, en les résumant, les propos du livre «Les symboles bibliques» de Maurice Cocagnac, auteur déjà plusieurs fois cité (pages 186-187).

Les prophètes vont jouer avec le thème du cheval fantastique, qu’ils mettent en contact avec les éléments fondamentaux comme le feu, l’eau ou le vent. Le cheval devient alors le symbole de la manifestation de la puissance de Dieu.

C’est un cheval de feu sui emporte Elie dans le ciel et le sépare de son disciple Elisée (2 Roi 2, 11-12).

Pour Joël, l’intervention foudroyante de Dieu est présentée comme une attaque de chevaux, image mise en liaison avec le feu dévorant de la colère divine. (Jl 2, 1 et 3, 5).

Le prophète Zacharie fait apparaître chevaux et cavaliers qui sont les anges messagers de Dieu, chargés d’inspecter le monde et même de sonder sa profondeur (Za 1, 8-10).

Plus tard, ces chevaux apparaissent attelés et de couleurs différentes : roux, noir, blanc, pie, couleurs qui correspondent aux quatre régions cardinales de la terre (points cardinaux) et qui sont assimilées aux quatre vents du ciel. Aux chevaux noirs, il est dit : « Allez parcourir la terre. Et ils parcoururent la terre. L’Ange m’appela et dit : « Vois ceux qui s’avancent vers le pays du Nord, ils vont faire reposer mon Esprit dans le pays du Nord. » (Za 6, 7-8).

L’Esprit qui repose sur le Nord, c’est la puissance divine qui va libérer les exilés de Babylone.  Cet Esprit demeure, c’est-à-dire qu’il va habiter l’âme du peuple racheté et lui permettre de matérialiser le grand signe du salut divin : la reconstruction du temple de Jérusalem.

Ma conclusion personnelle sur ce point symbolique est claire. Le peuple juif n’a pas changé d’un iota. Jérusalem, par volonté divine ne peut être que terre juive. C’est l’interprétation littérale au premier degré.

Pour les chrétiens, l’interprétation au second degré est la suivante : le temple de Dieu n’est plus un bâtiment lié à une terre, c’est un peuple, celui des baptisés disséminés sur l’ensemble du monde, le vrai peuple des « rachetés » par la mort et la résurrection du Nazaréen Jésus-Christ. Le temple à construire, c’est un monde fraternel, un monde de justice sociale, un monde où l’on se respecte, où l’on s’entraide, où l’on soit heureux de vivre dans la diversité !

Jean Bisson  10 06 2009   (à suivre)
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