Si cheval et toute cavalerie sont associés à la force, ils sont logiquement porteurs de violence et auxiliaires de guerres. Si, dans l’Apocalypse, Le Messie doit revenir sur terre sur un cheval blanc à la tête de la blanche armée des anges, c’est pour le dernier et ultime acte de guerre mettant un terme au règne du Mal (ou du Malin diabolique) !
Par opposition symbolique, l’âne et la mule apparaîtront, dans la Bible, comme la monture des chefs pacifiques.
Ainsi lorsque Jacob bénit ses fils (Gn 49, 11), Juda dispose d’un âne et d’une ânesse qui s’en vont pâturer dans les vignes.
Débora évoque les notables d’Israël : « Vous qui montez des ânesses blanches, assis sur des tapis, chantez… » (Jg 5, 10-11).
Le juge Yaïr, se déplaçait avec ses 30 fils, sur des ânons (Jg 10, 4)… Quant à Abdon, il utilisait 70 bourricots pour se déplacer avec sa suite (Jg 13, 13) !
Sadoq, grand prêtre, et Nathan le prophète, mirent Salomon sur la mule de David pour le conduire à Gihôn pour recevoir l’onction royale ( 1R 1, 38-39). A noter que la mule est, par sa taille, plus noble que l’âne ! (C'est sans doute la raison pour laquelle, symboliquement les Papes se déplaçaient aussi sur une mule blanche...)
Zacharie, le prophète, souligne bien la différence symbolique que traduisent cheval et âne (Za 9, 9-10) : «Exulte avec force, fille de Sion, crie de joie, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi vient à toi, monté sur un âne, un ânon, le fils d’une ânesse. Il retranchera la charrerie et les chevaux de Jérusalem, l’arc de guerre sera retranché. Il annoncera la paix aux Nations ! »
L’Evangéliste Matthieu reprendra le texte de Zacharie pour présenter l’entrée de Jésus à Jérusalem (que la liturgie fête le dimanche des Rameaux), avant la Passion. (Mt 21, 1-11).