En Europe, dans quelques jours, 150 milliards
d'euros de crédit pourraient bien se traduire par une perte nette pour les banques.
Les perspectives de gains étaient si attrayantes que les fonds
d'investissement ont élargi leur convoitise en passant des « sociétés non cotées » aux « entreprises cotées en Bourse ». Nombre d'experts s’attendent à ce que les fonds LBO
(leveraged buy out – fonds permettant de racheter notamment des entreprises en faillites) annoncent un déficit abysséen.
La crise financière et la récession économique qu'elle a provoquée donnent
aujourd'hui des sueurs froides aux rois des LBO et surtout aux banquiers, leurs pourvoyeurs de fonds ! En effet, les prévisions sont très pessimistes. On s’attend à ce que la moitié
des 250 milliards d'euros de dette reconnues soit en « risque de défaillance ». Sans compter les éventuelles dettes non déclarées !
Jusqu'à présent les banques ont tout fait pour ne pas afficher de pertes sur
les financements LBO. Lorsque les entreprises éprouvent des difficultés à rembourser leur dette, les banquiers proposent des rééchelonnements. Quand la situation devient plus grave, les banquiers
acceptent de transformer de la dette en capital et d'injecter des capitaux. Les banques françaises ont évoqué en France, l'idée d'une «banque poubelle» qui aurait repris les dettes à «effet de
levier». Le projet n'a pas abouti.
Nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises sur le monde
capitaliste ! Ce qui est triste, ce n’est pas tant que certains riches deviennent pauvres, mais c’est que certains autres n’en profitent pour accroître encore leur richesse ! Comme cela
se passe en Russie !
Jean Bisson – 11 07 2009