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IRAN : une Française en prison

Clotilde Reïss, 23 ans, était lectrice de Français à l’Université d’Ispahan. Une ville de haute tradition culturelle, artistique et religieuse où s’ancrent des souvenirs personnels très intenses.

Elle a été arrêtée le 1er juillet dernier, à l’aéroport de Téhéran, alors qu’elle allait s’embarquer pour prendre ses vacances et retrouver sa famille. Motif de cette arrestation et de sa détention : espionnage.

De fait, il lui est reproché un mail envoyé à un ami de Téhéran où elle donne son opinion sur les tentions entre l’Occident et l’Iran. Elle y avancerait que l’opposition systématique contre le Gouvernement de M. Ahmadinajad aurait des répercutions fâcheuses sur les relations Iran-Occident, et sans doute, (c’est moi qui l’ajoute), sur les relations inter-religieuses Islamo-Chrétiennes.

Bien sûr, l’Ambassade de France à Téhéran soutient notre congénère et tente de lui rendre visite dans sa prison. Les Autorités françaises soutiennent qu’il n’y a eu aucune volonté d’espionnage.

Mon expérience, pour avoir vécu longtemps à l’étranger et notamment en terres musulmanes,  c’est qu’il faut être prudent dans ce qu’on écrit, ce qu’on dit. ce que l’on communique n’est pas « lu » dans la même culture… On peut trouver que le Musulman est très « pointilleux », mais sans doute guère plus que le Chinois. Chacun a sa sensibilité, son honneur et sa fierté à fleur de peau. Cette prudence, la diplomatie la maîtrise généralement bien ; ne faudrait-il pas qu’elle en imprègne tous ceux qui sont en poste dans ces pays ?

Le courrier peut être contrôlé ; les mails le sont : cette triste mésaventure en donne la preuve.

Affronter l’Iran serait une erreur. La seule solution est dans un pari sur l’évolution de ce pays, mais en acceptant une évolution (c’est-à-dire des concessions) de la part de l’Occident. Ce problème ne sera pas résolu non plus sans que se résolvent divers autres problèmes graves qui empoisonnent le Proche-Orient : la paix Israélo-Palestinienne, la stabilité Syrie-Liban.  C’est cette globalité proche-orientale qu’il faut traiter dans son ensemble.

Et il vaudrait mieux y atteler des gens qui connaissent le terrain, qui aiment ces régions et leurs cultures, qui respectent leurs traditions… Des négociateurs qui soient des amis ! Car entre amis, on peut se dire plus facilement la vérité.

Jean Bisson – 25 07 2009
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