( in « Cette opposition qu’on appelle la vie » de Jean-Marie ROUART de l’Académie
française - p 97 )
Quel pays peut être fier de lui ? L’Amérique qui a mis tant d’années à abolir l’esclavage et la ségrégation ? Ce pays de la liberté et du droit qui, sans rougir, maintient des prisonniers à Guantanamo dans la plus parfaite illégalité, faisant fi de la Convention de Genève ? Alors qui ? La Russie ? La Chine ? Mieux vaut ne pas poser la question. Le Japon ? Un pays qui a produit des œuvres d’Art aussi merveilleuses que furent abominables ses crimes de guerre. L’Allemagne ? Passons vite, au nom de l’Europe. On a beau égrener les noms de pays du planisphère, il n’en subsiste guère sans tâches da sang, sans marque d’infamie. Ce qui reste à la France, son privilège me semble-t-il dans ce domaine épineux, c’est qu’elle a, toujours ou presque, défendu des valeurs universelles. Même quand elle s’est laissée aller à commettre de très lourdes erreurs : statuts des Juifs de Vichy, tortures en Indochine ou en Algérie, abandon de harkis à leur triste sort. Mais il s’est toujours trouvé des écrivains, des intellectuels, des politiques et une opinion publique qui, tôt ou tard, s’en indignaient.
Ce qui me plaît chez les Français, c’est cette exigences de perfection et même d’infini qu’ils mettent en tout et qui est le legs conjugué de Platon et du christianisme. Nous sommes éternellement déçus car nous mettons de l’infini en tout. En tout, même de l’infini dans Sarkozy. »
Je rappelle que cette brève est extraite du livre de l’Académicien J.-M. Rouart. Un texte dont je partage assez le fond, mais dont je conteste la chute sur laquelle je ne suis guère en résonance, pour utiliser un euphémisme.
Jean Bisson - 19 08 2009
PS : J’achève aujourd’hui ma cure. Après ces 3 semaines d’éloignement, même si je suis rentré chez moi chaque week-end, je n’en suis pas moins fort content de retrouver mes habitudes domestiques !