Souad SBAI, d'origine marocaine, ancienne rédactrice en chef du mensuel en langue arabe Al Maghrebiya, présidente de l'association Acmid-Donna (Association des femmes marocaines en Italie), promotrice du centre culturel « Averroès » de Rome, est citoyenne italienne, députée au Parlement italien depuis 1981. Elle est membre, depuis 2005, de la Fédération pour l'Islam modéré et pluraliste au Ministère de l'intérieur en Italie. Elle regrette que ceux qui s’expriment à la télévision soient généralement des fanatiques et non des modérés». Elle soutient que le véritable choc des civilisations n'est pas entre Islam et Chrétienté mais entre Islam modéré et Islam fanatique basé sur des traditions en dérive.
Asfa MAHMOUD est président de la Maison de la culture islamique de Milan. Connu pour avoir souhaité une rencontre avec le cardinal Donigi Tettamanzi, il s’est fait porte-parole d'un Islam modéré et disponible au dialogue. Il soutient qu'il faut distinguer ce que « dit l'Islam » et « ce que font les musulmans ». Dans le Coran, livre sacré de l'Islam, on parle de liberté religieuse et d'égalité entre hommes et femmes; les restrictions sont entrées plus tardivement.
Tous deux sont convaincus qu’il faut développer une plus grande collaboration entre musulmans modérés, gouvernements occidentaux et l'Eglise catholique. C‘est souhaitable et c’est possible.
De son côté, Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège à l'ONU, à l'occasion de la 97ième rencontre de l'Assemblée Générale des Nations Unies sur le thème «Encourager la responsabilité de défendre», a souligné l'importance d'une approche centrée sur l'homme pour développer des politiques pour la défense des populations de graves violations des droits de l'homme et pour développer le droit humanitaire et d'autres standards légaux internationalement fixés. Il a aussi rappelé comment les politiques nationales qui encouragent une plus grande insertion et la défense des minorités religieuses, raciales et ethniques restent des priorités fondamentales pour encourager le dialogue et la coopération entre les peuples. Il est certain qu’une intervention opportune, soulignant la médiation et le dialogue, est plus efficace que toute action militaire pour encourager la responsabilité de défendre les Droits de l’Homme.
Reste que, pour dialoguer, il faut être deux. Les partisans d’un Islam modéré sont peu nombreux; dans l’Eglise, ce sont les traditionalistes qui semblent avoir actuellement le vent en poupe… Dans ces circonstances, le dialogue aura du mal à prendre de l’ampleur ! Mais ne nous décourageons jamais. Il faut semer, contre vents et marées. Poussera ce qui pourra germer !
Jean Bisson – 30 août 2009