J’avais 17 ans en septembre 1949. Il y a 60 ans ! J’entrais alors à l’Ecole Normale d’Instituteurs située au 6 de la rue de la Madeleine à Besançon.
Je quittais Lyon où j’étais né, où j’avais passé ma jeunesse. Je m’éloignais surtout de ma famille pour être interne et prendre, de ce fait et par la distance, une réelle indépendance. Quatre ans après, j’étais instituteur. Mais j’ai accepté de rester pour deux ans dans cette institution qu’était l’Ecole Normale, comme surveillant d’internat.
Ensuite, ce fut 27 mois d’armée, dont 24 en Algérie au 1er Régiment de Tirailleurs algériens.
De retour à Besançon en janvier 1958, à part 13 années de coopération en Afrique comme professeur de français, je n’ai jamais quitté la Franche-Comté.
Ma carrière, dans l’Enseignement laïc, s’est déroulée avec la conviction d’avoir rempli mes engagements, aussi bien qu’il m’en a été possible.
Puis est venue la retraite et ses activités, dans de nouveaux domaines. Beaucoup plus axés sur la culture, l’art, le patrimoine et le religieux.
Au soir de ma vie, alors que ma santé commence à chanceler, j’ai été invité, dimanche, à regarder derrière moi !
Pour deux collaborateurs et amis m’aidant depuis longtemps, dans le cadre d’une association, à gérer un Conservatoire du patrimoine artistique religieux du diocèse de Besançon, j’avais demandé que le diocèse leur décerne la «médaille du mérite diocésain». Etienne exerçant depuis près de 40 ans le service de «sacristain» et membre très actif de l’association, François assurant depuis 60 ans le service de l’orgue et bienfaiteur de la même association. Ils ont bien été décorés dimanche. Et j’étais très heureux pour eux. Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’une troisième décoration serait aussi décernée. Et que j’en sois le récipiendaire !
Certes j’ai collaboré, pendant plus de 25 ans, tant au service diocésain de la communication, qu’au sein de l’équipe de pastorale liturgique et sacramentelle, formant de nombreux lecteurs liturgiques et plusieurs milliers d’intervenants auprès des familles en deuil, puis, ces 15 dernières années, mettant l’accent sur la conservation du patrimoine religieux.
Cette distinction, à laquelle j’ai été associé, m’invite à faire un bilan ! Ce que je sais, c’est que tout le travail réalisé, l’a été grâce à des équipes, à des collaborations nombreuses. Si j’ai souvent proposé des idées, lancé des pistes ou ouvert des chantiers, c’est toujours d’autres mains que les miennes qui ont concrétisé le travail. J’ai accepté cette médaille de reconnaissance, mais c’est à toutes les équipes qui ont travaillé avec moi depuis 25 ans que va, en toute réalité, cette «reconnaissance». Non pour ce que j’ai fait, mais pour tout ce qui a été fait ensemble.
Merci donc à tous ceux qui m’ont accompagné dans mes divers secteurs d’activités ! Qu’une relève puisse poursuivre, car ce qui reste à faire demeure encore important !
Jean Bisson – 09 09 2009