Cet Agneau de l'Ancien Testatament, pour les Chrétiens, préfigurent le Christ, le fils du Père,
Jésus qui sera sacrifié pour "racheter" les péchés de l’humanité.
Ne nous étonnons pas que l’on chante « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde… », ne
nous étonnons pas que de nombreux vêtements liturgiques décorés d’un Agneau aient été utilisés jusqu’à la réforme liturgique de Vatican II !
Ne nous étonnons pas que l’agneau soit la viande la plus prisée pour les fêtes pascales chez les
Chrétiens. Ni qu’il soit resté la viande par excellence pour fêter « Passah », la fête juive
célébrant le passage de Mer morte… Ni qu’il soit toujours, pour les Musulmans, l’animal sacrifié pour l'"Aïd El Kébir" (la grande fête) en souvenir de l’obéissance
d’Abraham.
Dans l’imaginaire oriental, beaucoup plus que dans la tradition occidentale, malgré la fable de La
Fontaine (Le loup et l’Agneau), la littérature populaire a opposé la cruauté du loup – bête sauvage - à la douceur de l’Agneau.
Dans son évangile, Marc écrit (1, 13) : « Durant 40 jours, au désert, Jésus fut
tenté par Satan. Il était au milieu des bêtes sauvages, et des anges le servaient. »
Enfin, sur la Croix, Jésus cite le début du Paume 22 « Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m’as-tu
abandonné ?» (appel le plus souvent traduit comme un cri de doute et de détresse, alors qu’il débute au contraire un psaume de confiance dont il faut lire la chute qui délivre la
clé !). Il faut y voir que Jésus (l’Agneau vainqueur du mal et de la mort) triomphe des tentations de ce monde, il triomphe du « dia-bolos » de ce qui oppose bien et mal, vie et
mort, âme et corps, bêtes sauvages et agneau, tout dualisme est alors dépassé pour entrer dans l’unicité divine.
Voilà, je pense, le symbolisme chrétien de l’Agneau.
Jean Bisson – 03 mai 2009