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ODEURS et saisons (3)

Si le printemps est riche en ses délicates couleurs, les sèves printanières demeurent modestes dans leur panoplie olfactive. Mais il est bien des exceptions : les pousses de menthe n’attendent guère pour se faire repérer à la ronde. En fin de printemps, ce sont les fleurs d’acacia – dont se régalent les abeilles – et qui embaument, m’incitant à cette gourmandise, délicieuse et devenue rituelle, des beignets de ces pimpantes grappes florales !

Impossible d’oublier nos herbes aromatiques : persil, coriandre fraîche, basilique ou ciboulette. Il faudrait consacrer des pages à ces merveilles naturelles qui s’offrent à notre palais ! Monde infini des odeurs et des saveurs !

Il y aurait tend à dire sur l’odeur des confitures, sur celle qu’exhale, en janvier ou février, la marmelade d’oranges amères qui se confit lentement dans un jus d’oranges douces !

Les soirs d’été, grâce au barbecue, chacun peut aisément savoir si le voisin va se régaler de brochettes, de merguez ou de sardines… 

Les odeurs de champignon, à l’automne, au cours de promenade en forêt, trahissent la discrétion de ces prodiges de la croissance et pouvant devenir des mets si délicats !
Comme André Gide, je ne suis jamais insensible à l’odeur automnale des pommes qui cuisent. Odeur qui, selon la Bible, redonnait force à la Sulamite ! Mais les effluves qui ne réjouissent sans doute le plus sont ceux des coings qui mijotent pour accompagner un tagine (selon ma recette de Fèz, capitale marocaine de la gastronomie, de la culture et de la foi...) ou pour devenir l’ineffable «pâte de coings» que l’on savourera aux temps de Noël.

L’odeur discrète des fruits murs, celle plus étrange de certains fruits tropicaux, bananes mûries sur l’arbre, ananas empilés au bord d'une " concession" en attente du ramassage ! Autant de merveilleux souvenirs liés aux lieux et aux saisons.

L’odeur des caféiers en fleurs est si puissante qu’elle peut griser rapidement, alors que celle d’une orangeraie reste paradisiaque. Tant d’autres merveilleuses ou remarquables senteurs réjouissent notre nez : suavité de la verveine, agressivité de la menthe poivrée, assurance de la rose, exotisme du jasmin, coqueterie de l'oeillet, délicatesse du muguet, profusion du tilleul... Enfin, comment ne pas évoquer la vanille, au moment de sa récolte et plus encore dans les sécheries des îles où se concentrent et se mâturent  ses indicibles arômes !

( à suivre > ODEURS : naturelles et artificielles  ) Jean Bisson - 18 06 2009

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