Citoyen, j’admets la nécessité de l’imposition pour financer ce que j’attends de l’Europe, de l’Etat, de ma Région, de mon Départements, de mon Canton, de ma Commune et aux divers et multiples services publics de la Santé, de l’Education et de la Culture, de la Police et de la Défense nationale, de la Justice, des Transports et des Communication, de l’Information, etc.
Contribuable, je suis volontiers critique. C’est sans doute normal de s’interroger au moins sur deux angles : « Selon quels critères sommes-nous imposés ? » et « Comment sont dépensés ces revenus ? ». Je ne m’intéresserai aujourd’hui que sur les critères de l’imposition.
Quand je remplis chaque année ma déclaration de revenus, je survole très succinctement la copieuse notice qui l’accompagne. Elle détaille les conditions, variant d’année en année, qui permettent d’être exonéré de ceci ou de cela à condition que…, dans la fourchette de …, etc.
Il existe des spécialistes qui conseillent - professionnellement - et permettent ainsi de ‘profiter’ des déductions possibles … C’est, je pense, ce que font toutes les entreprises, et tous ceux qui disposent d’un important patrimoine !
Parmi les «moyens légaux» de réguler l’imposition, se trouve le système des « parts ». Ce système permet de faire varier la base d’imposition en fonction de facteurs tels que le nombre d’enfants à charge, ou d’enfants élevés. Les personnes célibataires, divorcées ou veuves, sans personne à charge, bénéficiaient jusqu'alors d'une demi-part fiscale supplémentaire, sous réserve qu'elles aient eu un ou plusieurs enfants. Désormais, seuls les contribuables ayant élevé seuls leur(s) enfant(s) pendant au moins cinq ans, pourront y prétendre ( c'est à dire très peu, car beaucoup ont eu des pensions alimentaires).
On peut comprendre la crainte des «ayant-droits d’hier» qui risquent de perdre le bénéfice de cette disposition. Comme il s’agit, le plus souvent, de personnes seules, aux revenus modestes, qu’hier la loi soulageait d’une partie de leur imposition, peut-il paraître juste d’accroître leurs impôts alors que, dans la situation socio-économique actuelle, ceux qui décident de cette pénalisation, continuent, en ce qui les concernent (je parle ici des élus, ministres, etc. et aussi des banques, des grandes entreprises, du grand commerce…) soit à augmenter leurs dépenses, leur train de vie, leurs bénéfices ?
Nous sommes dans un ressenti d’injustice. On peut toujours avancer une explication, sortir une justification. Mais la souffrance des pauvres, écrasés par l’injustice, l’humiliation des exploités qui poussent certains au suicide, tout cela ne peut être ignoré.
Qui se fera demain le porte-parole des humbles ? Les syndicats n’ont plus guère de poids. Les partis de gauche sont tellement divisés qu’ils n’ont actuellement aucun impact (et quand ils ont eu le pouvoir, qu’en ont-ils fait ?). Quant aux religions, dans un état - heureusement laïc - il n’est guère de leur domaine que celui de la solidarité humaine (le mot de charité n’ayant plus cours !), mais pas de l’organisation politique !
Le seul moyen - pacifique et légal - qui reste au citoyen, c’est de s’exprimer par son bulletin de vote. A condition d’aller voter et de savoir choisir. J’avoue que ce n’est ni facile, ni toujours évident !
Jean Bisson – 16 09 2009